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Quel est le rôle du National Productivity and Competitiveness Council (NPCC) dans le développement socio-économique du pays ? Dans quelle mesure que cet organisme assure-t-il la transformation chez les employés afin de les rendre plus productifs ? A toutes ces questions, le président du Board de direction, Sanjiv Mulloo, apporte des éléments de réponse. Il est d’avis que l’accent doit être mis sur la transformation plus que sur la formation. Ajoutant : « nous transformons un jeune timide en un leader positif ».  D’emblée, Sanjiv Mulloo souligne que «nous devons pouvoir nous tenir sur nos pieds».

« Que ce soit sur l’importation ou l’exportation, nous devons être compétitif », souligne-t-il en rappelant que nous devons offrir un service de qualité tout en étant compétitif. Pour lui, la qualité doit être de pair avec la productivité. « On ne peut pas dissocier ces deux concepts », a-t-il dit avec insistance.  Pour être plus clair, il a parlé de la structure du NPCC qui, avec un budget qui varie entre Rs 40 et Rs 45 M par an,  se trouve avec une marge de manœuvre restreinte. De ce budget, 90% est bouffé par les salaires du personnel qui tourne autour de 30 personnes dont une vingtaine engagée  dans le côté technique et les autres 10  dans dans l’administration générale.

 « Eagle vision »

« Nous sommes créés pour conseiller le gouvernement en matière de productivité et de compétitivité », dira Sanjiv Mulloo avant de rappeler que ces deux concepts s’appliquent tant au niveau du service civil, paraétatique et privé. « D’ailleurs c’est la raison pour laquelle notre Board de direction a une structure tripartite, comprenant des représentants du secteur privé, ceux du public ainsi que des membres de la société civile », ajoute notre interlocuteur. 

Les quatre grands axes sur lesquelles le NPCC se penche pour mener à bien sa mission sont : la nécessité de créer des leaders à tous les niveaux, de  galvaniser au maximum la productivité,  de créer des innovations et d’exécuter les stratégies dégagées. Abordant le premier point comment créer des leaders, Sanjiv Mulloo a parlé de la création des leaders à travers le  National Leadership Engine (NLE).

« Avec nos faibles moyens, nous devons tout faire pour atteindre notre objectif », a souligné M. Mulloo. Pour s’y faire, le NPCC a lancé ce programme de formation qui vise à transformer les jeunes en des leaders positifs. Ce programme vise à permettre aux jeunes de prendre l’initiative et de travailler sur des projets de communauté en recherchant eux-mêmes les sponsors pour financer ces mêmes projets. « Nous avons voulu par là leur inculquer l’eagle vision, c’est-à-dire de voir plus large et de cerner tous les moyens possibles pour concrétiser leur projet », a dit Sanjiv Mulloo. Il a précisé que le NPCC ne leur a pas accordé des moyens objectifs.  

 Parlant du côté pratique des choses, le président du Board du NPCC a souligné qu’il y avait entre 12 et 14 sessions théorique, avec la soumission d’un manuel aussi. « A l’issue de cette formation théorique, nous leur avons demandé de descendre dans leur quartier respectif pour travailler sur un projet qui leur semble important », a-t-il indiqué. Toujours selon lui, certains ont travaillé sur la drogue, d’autres sur la pauvreté et le reste sur les sans-abris.  Des unités de développements communautaires ont été instituées afin de leur permettre de s’habituer à se lancer dans un projet productif sans avoir de moyen à leur disposition.

« Je dois dire que nous mettons plus d’accent sur la transformation que sur la formation ».  Nous voulons au travers de ce système transformer un jeune timide en un leader positif. Comment s’y prendre ? A cette question Sanjiv Mulloo nous répond ainsi : « en extirpant d’eux le meilleur d’eux-mêmes, à partir d’un approche spirituel et culturel  et en leur inculquant le sens de patriotisme, ils n’auront plus le temps de réagir sur une base de clan, de caste ou de groupe ethnique ».

 Effet de boule de neige 

Selon les dires du président du Board du NPCC, une fois ces jeunes formés et transformés, ils sont appelés à transformer d’autres jeunes dans leur environnement. « Nous pouvons dire que nous avons contribué à transformer ces jeunes qui, à leur tour, comme un effet de boule de neige, formeront d’autres jeunes.  Autre point important : ces jeunes seront équipés, ils sauront choisir et le plus important ils ne seront pas des leaders hypocrites. Pour Sanjiv Mulloo, ces jeunes mettront en pratique ce qu’ils diront et ils vont croire dans ce qu’ils disent. Ils seront des leaders pour être au service de la nation, mais non des leaders pour servir les autres à des fins égoïstes.

 Qu’en est-il pour Rodrigues ? « Même si on n’a pas pu transposer ce projet de leadership à Rodrigues, on n’a pas oublié notre île », a souligné M.Mulloo. Pour preuve, le NPCC a un bureau à Rodrigues. « De plus, nous avons coopté un Rodriguais au sein du Board du NPCC ».

Au chapitre de la pauvreté, notre interlocuteur pense que la pauvreté est un état d’esprit. « Si je me dis qu’il me manque quelque chose, je serai toujours en manque », répond-t-il à ce sujet. Il souligne que le vrai leader « deals with the heart but not with words ». Il insiste à dire que la notion de dur labeur doit être inculquée aux jeunes et qu’ils doivent respecter les aînés et être prêts à apprendre d’eux. « Les grandes notions telles le partage, le pardon et la compassion doivent être inculquées aux jeunes ».

Dans un autre ordre d’idées, notre invité a évoqué l’INNOVET PROGRAMME. Qu’en-est-il de ce concept ? « Chaque année nous organisons des programmes pour encourager les jeunes à nous présenter un projet nouveau. Nous leur enseignons de passer de PEST (Political, Economic, Social and Technological)  approach à celui de PESTEL (Political, Economic, Social, Technological Ecological and Legal) approach. Se faisant, nous visons au développement futur ».

Autre aspect important : le Productivity Improvement Programme (PIP). Ce programme vise à aider les entrepreneurs dans leur productivité. « De produire plus avec des ressources limitées est la base, voire le fondamental, de cette philosophie PIP ». Une stratégie du marketing est mise en place afin de permettre aux entrepreneurs de vendre leurs services ou leurs produits. « Il est grand temps d’instituer un collège des entrepreneurs », soutient-il, lui qui pense que cet univers d’entreprenariat nécessite beaucoup d’apprentissage. D’où la proposition d’instituer un collège d’entrepreneurs. Et de s’assurer qu’il y ait un programme d’amélioration continue parmi les entrepreneurs. « We are no longer talking of manager, but we are talking of leader manager », a-t-il conclu à ce sujet.

Avez-vous le sentiment de satisfaction d’avoir fait des choses pour donner une nouvelle impulsion au NPCC ? « Certainement, il reste encore beaucoup à faire pour cet organisme. Je profite de cette occasion pour dire que nous avons besoin plus de moyens pour nous permettre d’élargir ns rayons d’activités ». Il précise que le NPCC travaille sur des « self financing schemes » et afin de projeter une meilleure image de cet organisme, un responsable de la communication a été recruté.  « J’en profite pour remercier les membresdu Board, le directeur du NPCC ainsi que Dev Appalsamy, l’officer in charge, tout le staff pour leur soutien qu’ils accordent tousau bon déroulement des travaux au sein du NPCC. Et je dois dire que je suis au service du pays ».

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