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De quelle mafia parle Roshi Bhadain alors qu’il a lui-même laissé des traces d’un mafieux atypique lors de son bref passage au gouvernement de l’Alliance Lepep ? En juin 2017, il avait démissionné de l’Assemblée nationale suivant sa déraison de quitter la barque gouvernementale quelques mois plus tôt pour n’avoir pas obtenu ce qu’il désirait ardemment : le ministère des Finances après avoir fait partir Vishnu Lutchmeenaraidoo. En décembre de la même année, le présomptueux leader du Reform Party mordra la poussière, battu à plate couture par Arvin Boolell. Le matin du décompte des voix de la partielle au No.18 qu’il avait provoquée par son orgueil et sa frustration, il se consolait déjà en déclarant que «je pense qu’on va gagner ». À Xavier Duval, qui avait aligné le néophyte Dhanesh Maraye pour contester le siège de Bhadain à Belle-Rose/ Quatre-Bornes, l’ex-ministre de la Bonne gouvernance lui rétorquera, avec l’arro- gance qu’on lui connaît, d’un laconique « dir li vine pran » lorsque le leader du PMSD avait allégué que le député démissionnaire du MSM « pé fane cash » pour avoir des votes. Un mensonge (genre sa rencontre avec Alvaro Sobrinho qu’il niait alors qu’une photo prouvait tout le contraire) quand l’on sait que la vérité est toute autre.

On peut pardonner à ce novice qui a goûté à l’ivresse d’une victoire électorale et à l’expérience de la politique active et d’une campagne en vue de devenir parlementaire grâce à Pravind Jugnauth. Mais quelle est la première main qu’il a mordue peu de temps après que son hypocrisie lui avait fait baiser la main le chef du MSM, son leader à l’époque de ses premiers balbutiements dans l’arène ? L’affront qu’il a cru faire aux Jugnauth lors de la passation de pouvoir le 23 janvier 2017, en étant le seul ministre en fonction à briller par son absence, lui aura finalement coûté sa carrière politique. Sans béquille électorale, il ne pourra jamais se faire élire et encore moins assurer l’élection des candidats du parti qu’il a fondé sur une base de vengeance et d’amertume parce que le fils de SAJ et de Lady Sarojini a été son seul rempart pour qu’il n’accède pas au poste de Grand argentier. C’est son ingratitude qui a causé sa perte et il doit le regretter amèrement parce que personne en vérité dans l’opposition veut s’associer à cet homme dangereux par son ambition et sa soif de se venger contre tous ceux qui se dressent sur sa route pour le démasquer. Ce n’est pas sans raison que le PTr et le MMM avaient refusé son adhésion, ce qui l’a poussé à former un parti mort-né puisque son leader n’a pas fait grosse impression avec moins de 3000 voix recueilli et plus de 5000 votes derrière le vainqueur.

Quand Roshi Bhadain vient alléguer qu’il y a un mafia à la tête du pays qu’il faut démanteler comme argument pour détourner l’attention de ses démêlés avec la justice suite à l’accusation de recel de bois de teck au préjudice de l’État, il nous fait rappeler à ses déclarations de 2017 quand il avait fait croire qu’il a des dossiers compromettants contre ces ex-collègues au gouver- nement. En vérité, chaque fois qu’il est coincé par ses gabegies politiques ou par son remords de conscience, il tente de se faire passer pour une victime du régime actuel. Les vraies victimes de sa mauvaise gouvernance quand il était à la tête d’un important ministère sont ces 223 déten- teurs du plan d’épargne Super Cash Back Gold (SCBG) qui pleurent jusqu’aujourd’hui la perte de leurs investissements quand l’ex-ministre Bhadain était venu au Parlement affirmer qu’ils ne sont pas éligibles à un remboursement. Combien de suicides, de morts, de malades a-t-il sur la conscience après avoir privé ces Mauriciens du fruit de leurs sacrifices économisé durant de nombreuses années. On se souviendra que lors d’une PNQ de Paul Bérenger, Roshi Bhadain avait toutes les peines du monde à rassurer les 135 000 personnes qui avaient souscrit à un plan de pension à la BAI et les 30 000 clients du SCBG.

Le torchon entre Pravind Jugnauth et Roshi Bhadain a commencé à brûler lorsque ce dernier a fuité des informations à un quotidien sur ses transactions à la Bramer Bank pour nuire délibérément au Premier ministre. Il ne restait pas jusqu’à fort tard à son bureau ministériel d’Ébène pour travailler pour le pays, mais à en croire un de ses ex-conseillers, il épluchait certains dossiers et faisait des photocopies de tout ce qui pouvait son intérêt, ses ambitions et ses motifs obscurs. Depuis qu’il a laissé des plumes sur le projet à l’allure de mirage nommé Heritage City et fait perdre à l’État plusieurs millions de roupies comme dans la vente de Britam au Kenya, les Mauriciens ont réalisé que Bhadain avait des intentions mafieuses. La commission d’enquête présidée par l’ex-juge Bushan Domah le confirmera. Si l’on doit faire une rétrospective de son passage au ministère de la Bonne gouvernance, des Services financiers et des Réformes institutionnelles, on se rendra compte qu’il était gagné par une certaine obsession et un appétit gargantuesque. Sur sa route vers la cupidité et la convoitise, il fallait éliminer Lutchmeena- raidoo et Pravind Jugnauth, Showkutally Soodhun et Ivan Collendavelloo. Le leader du ML sera également victime de ses motivations destructrices dans sa quête de se rapprocher de SAJ pour tout accaparer.

Que lui réserve donc l’avenir vu son implication dans cette affaire de bois volé ? Paul Bérenger a déjà revu sa stratégie pour rallier les voix de la majorité aux espérances de l’opposition. S’il est revenu à de meilleurs sentiments envers Navin Ramgoolam et le PTr, il sait que Bhadain et Bodha ne sont pas crédibles et n’ont pas un solide ancrage dans les circonscriptions rurales. Ni l’un ni l’autre ne seront sur le front bench du plan du leader du MMM s’il va au Réduit alors que Ramgoolam aura pour numéro 2 Reza Uteem, flanqué de Xavier-Luc Duval et d’Arvin Boolell. Les dirigeants du PTr, du MMM et du PMSD savent que le Reform Party et le Ralliement Mauricien n’apporteront pas grand-chose dans la balance.

Roshi Bhadain est perçu comme un élément déstabilisateur et il n’a pas l’esprit d’équipe.

Ses ambitions d’être Premier ministre, à plus forte raison un Senior Minister, sont exagérées. Son caractère et son orgueil sont tels qu’il avait du mal à fonctionner aux côtés de ses anciens partenaires. Ce sont ses vilaines et mauvaises habitudes de jeter des peaux de banane sous les pieds de ses compagnons d’armes qui font qu’il lutte toujours pour se refaire une crédibilité. Pour ne pas dire une virginité politique.

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