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Est-ce que Shakeel Mohamed fait du mal au Parti travailliste avec ses excès et son geste de trop sur un sujet qui demeure flou ? Cette semaine au Parlement, il s’est cru malin de plaisanter sur le dossier de l’affaire Betamax avec un soupçon de provocation. Il manque certainement au député travailliste du Ward 3 – membre du MSM en 1995 tout de même -, une sérénité dont ses amis Osman Mahomed ou Reza Uteem peuvent se prévaloir en pareille situation. On imagine sans peine la joie qui s’est emparée de Shakeel Mohamed à l’idée que le gouvernement devrait se décarcasser pour trouver les milliards à verser à Betamax. Le 1er député du no. 3, à la réputation surfaite, voulait sans doute, retrouver les feux de la rampe. Mais comme les commentaires publics l’ont démontré, il s’est trouvé des Mauriciens pour rappeler que Shakeel Mohamed s’est toujours arrangé pour que les médias privés s’intéressent à sa petite personne. D’autres membres du milieu syndical se souviendront qu’il n’a pas toujours défendu la classe ouvrière lorsqu’il faisait partie du portefeuille de la main-d’oeuvre. C’est pour dire que Mohamed (S) est un bien drôle de travailliste qui doit sa réputation au seul fait d’être fils et petit-fils d’illustres politiciens qui ont eux-mêmes été ministres du Travail. Élégant et aux allures de ‘dandy’, produit du collège St-Esprit, grand amateur de voitures – son père l’avait raconté durant une émission à la MBC où était présent son pote, l’avocat Ghurburrun -, il jouit plus de cette réputation que celle d’un politicien. Cela ne l’empêcha pas d’être un homme affable, attentionné aux malheurs des petits gens. Qualités que le regretté Sir Anerood Jugnauth pensait avoir décelées en lui tout en affichant les promesses d’une jeune premier en politique.

L’affaire Betamax

Alors que toute l’opposition hurlait que l’affaire Betamax était le résultat d’une vendetta politique, Roshi Bhadain, pressé de questions sur une radio privée, a fini par reconnaître que durant la campagne électorale de 2014, l’Alliance Lepep avait fait de l’affaire Betamax un de ses principaux thèmes et avait promis de rouvrir ce dossier. L’Alliance Lepep avait été élue par acclamation préci- sément sur le thème du gaspillage et des autres excès commis par le gouvernement de Navin Ramgoolam. Ainsi, les Mauriciens n’ont pas été choqués ou scandalisés quand cette question a été défigurée. Avec la décision du Conseil privé, le gouvernement n’a pas tardé à s’y conformer au lieu de tergiverser ou de prendre des tactiques dilatoires pour gagner du temps. Parce qu’il appartient à Pravind Jugnauth de se concentrer sur les priorités de l’heure.

Metro Express

Ce dimanche 20 juin 2021, la deuxième étape du projet de Metro Express a été concrétisée en continuant le long du trajet vers Curepipe. Encore une fois, le gouvernement de Pravind Jugnauth montre sa détermination à poursuivre ses grands travaux publics afin de respecter ses engagements mais aussi à préparer le pays à la reprise. Il ne s’agit pas d’un projet prestigieux mais d’un chantier national majeur qui marque l’inscription mauricienne dans la modernisation de ses transports en commun. Plus qu’une réalisation localisée, elle sert de point de départ au développement de nouveaux espaces commerciaux et immobiliers sans oublier la desserte de régions telles qu’Ébène, Réduit et Moka qui sont le théâtre de gros projets de vie qui prennent l’environnement en ligne de compte.

Région rurale

En étendant les lignes du Metro Express à la région rurale, le gouver- nement entend impulser cette même volonté de développement plurifonc- tionnel à l’ensemble de l’île, dont l’objectif est aussi de décentraliser la capitale. Nous savons qu’au cours de la période coloniale, les nouvelles villes ont émergé dans les régions desservies par le train. Il est vrai que certaines de ces régions ont été livrées à des dévelop- pements anarchiques et autres spécu- lations foncières qui ne tenaient pas compte de leurs réalités environnementales. Cependant et de nos jours, cette démarche s’insère dans une véritable stratégie d’aménagement du territoire. De ce fait, les zones rurales continuent d’offrir la possibilité d’éviter les erreurs du passé. Le secteur privé historique l’a très bien compris en convertissant certaines de ses anciennes terres en culture cannière et en projets immobiliers intégrés, comme c’est le cas à Helvetia. Il faut tout juste veiller à ne pas faire de ces nouvelles villes des ‘gated areas’ destinées à une bourgeoisie dont le seul souci serait de vivre dans des îlots friqués et sous haute surveillance. C’est à ce titre que le gouvernement doit à tout prix concevoir des espaces de vie sociale destinés aux familles modestes. Avec à proximité, des services de qualité et des écoles et collèges de niveau.

Inégalités

Un des grands enjeux auxquels Maurice sera confronté au sortir de la pandémie de Covid-19, c’est la nécessité de veiller que la classe économique ne creuse pas les inégalités et mène à des conflits sociaux. C’est pour cela que le secteur privé doit se sentir partie prenante du projet de logement social pour éviter que ces habitations destinées aux classes défavorisées et moyennes ne deviennent pas des zones de tous les maux sociaux qui s’étendraient à l’ensemble de l’île. Il est de bon ton actuellement pour des entrepreneurs de parler de ‘renouveau’, de ‘s’inventer’ ou ‘d’opportunités d’affaires nouvelles’. Or, si ces ‘bonnes affaires’ se réalisent dans l’exclusion, avec le même modèle de développement où les riches continuent à se remplir les poches, nous risquons d’avoir un malaise social généralisé sur les bras. Il faut arrêter de se gargariser de formules creuses qui ne tiennent pas compte de l’impact de la Covid-19 sur tous les secteurs de l’économie et dans les plus petites localités de notre pays.

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