April 13, 2024
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Tourisme: Des faits et des chiffres qui ne mentent pas

Comment se porte le tourisme mauricien un an après l’ouverture des frontières ? A-t-on atteint les objectifs fixés ? Le nombre de nuitées a-t-il augmenté et les recettes son-elles à la hauteur de nos espérances ? Autant de questions qui méritent d’être posées afin de faire un état des lieux d’un secteur qui contribue grandement à l’économie nationale. Le ministre Obeegadoo disait, il n’y a pas longtemps, que ce n’est pas seulement le nombre de touristes qui compte mais surtout ce qu’ils dépensent. Or, les statistiques officielles indiquent que nous sommes loin du compte car les touristes qui nous visitent dépensent bien moins que ceux qui se rendent aux Seychelles et aux Maldives, nos principaux concurrents dans la région. A titre de comparaison, les touristes dépensent 136 euros pour chaque jour passé à Maurice contre 470 euros aux Seychelles et un peu plus de 300 euros aux Maldives.   

Les principaux animateurs de ce secteur se sont lancés dans des exercices d’auto satisfaction depuis la réouverture des frontières. Le directeur de la Mauritius Tourism Authority (MTPA), Arvin Bundhun, disait, en décembre de l’année dernière, que tous les indicateurs du tourisme étaient au vert et que le pays s’apprêtait à atteindre la barre d’un million de visiteurs à la fin de 2022. Or, ce chiffre ne fut pas atteint. Statistics Mauritius, qui publie régulièrement les chiffres du tourisme, annonçait 997 290 arrivées à la fin de décembre, soit 2 710 de moins que pévu.  

Cela n’a pas été mieux pour la fin de l’exercice financier 2022-2023 quand le pays a accueilli un peu plus de 1,2 millions de visiteurs alors que le ministre du Tourisme avait prévu qu’on atteindrait les 1,4 millions d’avant la pandémie. Ces chiffres ne sauraient être contestés car ils émanent d’une source autorisée, en l’occurrence Statistics Mauritius qui est un organisme gouvernemental des plus fiables sur lequel s’appuient tant les autorités gouvernementales que les opérateurs économiques du privé pour faire des prévisions dans plusieurs domaines.

Deux atouts indispensables

Cette baisse de performance du secteur touristique ne saurait être attribuée aux organismes  gouvernementaux seulement, les opérateurs économiques du privé y sont aussi pour quelque chose. D’ailleurs, la dernière trouvaille des propriétaires d’hôtels, grands groupes hôteliers et petits établissements confondus, d’importer de la main d’œuvre étrangère pour travailler dans nos hôtels a fait tiquer plus d’un. Il est de notoriété publique que les touristes choisissent Maurice non seulement en raison de ses belles plages et de son soleil, qu’ils peuvent trouver ailleurs, mais aussi à cause du sens de l’accueil et du sourire des Mauriciens et du personnel des hôtels en particulier. Deux atouts indispensables pour le succès d’un secteur sur lequel dépend en grande partie le développement socio-économique du pays. La présence d’un grand nombre d’employés étrangers, n’ayant pas la même culture que nous, dans les hôtels, ne va-t-il pas impacter sur la qualité du service à la longue ? 

Il est de bon augure que gouvernement et secteur privé aient décidé de travailler ensemble sur un certain nombre de dossiers, conformément au souhait exprimé par le Premier ministre adjoint et ministre du Tourisme, Steeven Obeegadoo. Il a été annoncé que quatre comités, chacun co-présidé par un représentant du secteur public, (MTPA et Tourism Authority),  et un du secteur privé, ont été institués pour travailler sur le marketing de la destination mauricienne, sur le produit qui est proposé aux touristes, sur la connectivité aérienne et sur le talent management. 

Souhaitons que les rapports que publieront ces comités n’aillent pas dormir dans un tiroir et qu’ils servent de documents de base pour de vraies assises du tourisme. Sans doute devrait-on commencer par nommer un ministre du Tourisme à plein temps plutôt que de confier ce ministère à quelqu’un qui s’occupe déjà du Logement. Une île touristique avec un ministre du Tourisme à mi-temps. Il est vrai que Maurice n’est pas à une aberration près.

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