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La situation économique de Maurice reste au centre des préoccupations du Leader de l’Opposition, qui pour la deuxième semaine a axé son Private Notice Question (PNQ) sur le sujet. Cette fois Xavier-Luc Duval a interrogé le ministre des Finances et du Développement Economique sur la baisse actuelle du taux de change de la roupie par rapport au dollar américain et la pénurie de cette monnaie dans les banques commerciales de Maurice. Il a aussi demandé à Renganaden Padayachy d’indiquer les mesures que le gouvernement et la Banque de Maurice (BoM) se proposent de prendre pour inverser cette tendance.

Comme il fallait s’y attendre, cette question, comme celle de la semaine dernière, a été une nouvelle occasion pour le Grand Argentier de regarder dans le rétroviseur pour tenter de noyer le poisson face aux questions de XLD. Mais dans sa réponse initiale, le Dr Padayachy a concédé qu’entre 2020 et 2021, la roupie mauricienne a déprécié de l’ordre de 7,6 % et 9,2 % respectivement. Et comme la semaine dernière sur la PNQ concernant les mesures prises face à la perte du pouvoir d’achat de Mauriciens, le Grand Argent a encore rejeter la faute sur la pandémie liée à la Covid-19 et la récente guerre Russie-Ukraine, qui a débuté il y a moins de deux mois.

La pandémie de la Covid-19 a bon dos

Dans sa réponse Renganaden Padayachy a insisté sur le fait que pour répondre à cette PNQ, il faut voir le contexte. Et selon lui, ce n’est un secret pour personne que depuis mars 2020, et suite à l’apparition de la pandémie de la Covid-19, un ralentissement notable des activités économiques a été enregistré. Avec, notamment, deux confinements et la fermeture de nos frontières, l’économie mauricienne a été mise à rude épreuve.

« Au total, Maurice a subi deux contractions successives. La première de 6,9% pour l’année fiscale 2019-2020 et la seconde 5,4% pour l’année fiscale 2020-2021. Je rajoute à cela que le déclenchement du conflit russo-ukrainien a rajouté un halo supplémentaire d’incertitudes, entraîné une poussée inflationniste mondiale et pourrait conduire notre monnaie à se déprécier davantage », a soutenu le ministre dans sa réponse.

Dans la foulée, le Grand Argentier a cité le récent rapport de la Commission Économique Africaine des Nations Unies intitulé « The impact of the Ukraine Crisis in Africa » qui prévoit entre autres, une dépréciation de 10% de la roupie, une d’inflation de 2,2% en Afrique uniquement due au conflit, et une pression accrue sur les comptes courants de 43 pays africains importateurs d’énergies et de denrées alimentaires, a l’instar de Maurice.

Dans la foulée, le Grand Argentier a cité le récent rapport de la Commission Économique Africaine des Nations Unies intitulé « The impact of the Ukraine Crisis in Africa » qui prévoit entre autres, une dépréciation de 10% de la roupie, une d’inflation de 2,2% en Afrique uniquement due au conflit, et une pression accrue sur les comptes courants de 43 pays africains importateurs d’énergies et de denrées alimentaires, a l’instar de Maurice.

« Les conséquences en termes d’entrée de devises ont été majeures étant donné que sur la période que je viens de citer, nous avons facilement perdu 2,3 millions de touristes. Sachant que chaque touriste, en période pré-pandémique, dépensait en moyenne 1 200 euros par séjour hors transport, le manque à gagner cumulé est considérable », a avancé le ministre des Finances.

Ce dernier a encore une fois rappelé, comme ce fut le cas la semaine dernière, que les exportations de biens et services, qui avaient rapporté l’équivalent de Rs 191,9 milliards en devises étrangères en 2019, sont tombées à Rs 128,9 milliards en 2020 et à Rs 132,9 milliards. Tout comme le secteur des services financiers, malgré sa résilience, a enregistré une baisse de la valeur ajoutée brute de Rs 51,8 milliards en 2019 à Rs 49,3 milliards en 2020.

« Au cours des deux années de la pandémie, l’économie a ainsi enregistré un déficit de quelque Rs 122 milliards d’entrées de devises étrangères », soutien-t-il dans sa réponse. Il devait expliqué par la suite que la Banque de Maurice, en vertu de son mandat, et pour faire face au déficit d’entrée de devises étrangères, a vendu quelques 2,9 milliards de dollars américains sur le marché depuis le début de la pandémie, en mars 2020.

Pour rappel, en 2018 et 2019, Maurice avait reçu un montant de Rs 12,67 milliards de dollars, comparativement à Rs 7,35 milliards de dollars en 2020 et 2021. Soit une baisse de 5,32 milliards de dollars, équivalent à Rs 230 milliards, représentant la moitié de notre PIB.

« L’approvisionnement régulier du marché en devises étrangères par la Banque de Maurice, qui est en charge de la conduite de la politique monétaire et de la stabilité financière, a permis de limiter les perturbations du fonctionnement normal du marché des changes. Et cela en conformité avec le régime de change flottant comme qualifié par le Fonds Monétaire International », a indiqué Renganaden Padayachy.

Le ministre des Finances n’a rappelé qu’au vue des performances encourageantes du secteur touristique et en tenant compte de la tendance inflationniste mondiale, la Banque de Maurice est également intervenue sur le marché à hauteur de 25 millions de dollars à un taux apprécié de Rs 43,15 contre Rs 43,25 lors de sa dernière intervention.

Concernant la stratégie et les mesures prises par le gouvernement pour soutenir le pouvoir d’achat de la population, le ministre a soutenu que la réouverture totale des frontières en octobre 2021, a été une étape importante pour assurer l’entrée de devises.

La sortie de Maurice des listes du GAFI, de l’Union Européenne et du Royaume-Uni a été une bonne nouvelle pour l’économie, tout comme le fait d’avoir contracté plusieurs prêts concessionnels en devises étrangères.

25 000 retraités étrangers à Maurice

Reganaden Padayachy a aussi exhorté le fait que la stratégie pour faciliter l’entrée de devises étrangères s’est orientée vers l’ouverture de notre économie aux investisseurs et expatries, notamment les seniors.

« Les Budgets 2020-2021 et 2021-2022 ont fait la part belle à la Silver economy. Je rappelle qu’il est estimé que chaque retraité expatrié à Maurice amène au pays une moyenne de 9 000 dollars par individu, sur la base d’une résidence de 6 mois par an à Maurice. Atteindre l’objectif de 25 000 retraités à Maurice permettrait d’accroître les entrées en devises étrangères de 250 millions de dollars », a-t-il soutenu. Pour ensuite venir confirmer que selon la Banque de Maurice, la roupie mauricienne s’est dépréciée de 7,6% en 2020 et de 9,2% en 2021.

Un fait qui a poussé, encore une fois, le ministre des Finances de regarder dans le rétroviseur du passé envers le leader de l’opposition quand il était au pouvoir entre 2006 et 2014. « Une période caractérisée au niveau mondial par une expansion exceptionnelle à savoir une croissance forte de 3,6% en 2014 et surtout une inflation faible, très faible de 2,9% en 2014, sans pandémie, sans guerre ni perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Auraient-ils cherché délibérément à dévaluer la roupie en 2012 ? » s ’est interrogé le ministre des Finances.

Il a rappelé qu’alors ministre des Finances, XLD, avait pris la décision non-conforme d’injecter 100 millions de dollars dans le but explicite de dévaluer la roupie. « En 2012, alors que l’économie mondiale se portait bien, qu’il n’y avait pas de confinement ni de crise de la Covid-19 et que le secteur du tourisme avec près d’un million de visiteurs apportait des devises étrangères et que le niveau du secteur de l’export de biens et services s’établissait à Rs 188,6 milliards, la roupie a pourtant été dévaluée de Rs 29,9 pour le dollar en 2011 à Rs 31,2, la livre de Rs 46,7 à Rs 50,3 et l’euro de Rs 39,4 à Rs 40,9. Selon le ministre des Finances, entre 2005 et 2014, la roupie a été dévaluée de 11,2% par le gouvernement, « qui se souciait peu du pouvoir d’achat des mauriciens, en particulier de celui des plus vulnérables ».

Lors des échanges de la séance des questions supplémentaires, le Leader de l’Opposition, s’est appuyé sur ce qu’il considère comme un manque de confiance à l’égard de la Banque de Maurice, et qui pousse d’autres à retenir les devises étrangères. Et que depuis la prise de pouvoir de l’actuel ministre des Finances la roupie mauricienne a perdu 8% de sa valeur.

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