February 9, 2023
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Opinion

Drogue : Gare aux écrans de fumée !

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Le Commissaire Dip s’est dit déterminé à combattre le trafic de drogue. Qui a pris une ampleur incroyable dans notre île. Avec des saisies avoisinant des millions en l’espace d’une semaine. S’il faut applaudir le travail de ces agents de police intègres, qui s’efforcent à démanteler les réseaux mis en place, nous demandons cependant au Commissaire de police et à ses hommes de ne pas se laisser aveugler par les écrans de fumée, volontairement envoyés pour masquer les véritables intentions de ceux qui tirent les ficelles en coulisses.

Que voit-on en effet comme « pattern » dans ces saisies ? Des personnes de condition modeste, d’une certaine communauté, sont arrêtées. Le plus souvent avec des cargaisons qui valent des millions, dont la dernière saisie à Belle Mare valant Rs 250 millions !,et avec des portables. N’importe quel Mauricien vous dira qu’il est impossible que ces personnes puissent avoir Rs 250 millions pour faire venir de la drogue dure à Maurice. Il est donc clair que ce ne sont que des « mules », des transporteurs(comme cet homme arrêté à Résidence Vallijee), voire des gardiens, comme à Citadelle Mall, où un couple entreposait de la drogue dans un bureau de ce gratte-ciel huppé de la capitale.

Pour que la police arrête ces personnes, il est clair qu’elles ont été dénoncées par le réseau pour lequel ils travaillent. Pour brouiller les pistes, ou pour donner une leçon aux « mules » qui seraient tentés de prendre la cargaison à leur compte. Dans les années 80,à l’apparition de la drogue dure sur le sol mauricien, il était dit que la stratégie des trafiquants était de faire venir deux passeurs Indiens à Maurice. Les deux transportaient de la drogue, mais l’un allait être dénoncé. Tandis que le deuxième passait tranquillement entre les mailles du filet, pendant que les douaniers/policiers étaient occupés avec le premier passeur, le plus souvent envoyé à la mort !

Par ailleurs, s’il faut se réjouir des arrestations et des saisies de drogue, quid du suivi ? Navind Kistnah, qui a fait entrer la plus grosse cargaison de drogue dure à Maurice, dort tranquillement à Alcatraz, aux frais des contribuables. Quand sera-t-il traduit aux Assises ? Il avait aussi dénoncé plusieurs autres personnes, dont un courtier habitant Vallée des Prêtres, qui a mystérieusement disparu. A-t-il été éliminé par la mafia de la drogue, ou a-t-il pu quitter le pays en douce, dès qu’il a eu vent de l’arrestation de Kistnah ? Où en est donc l’enquête sur ce cas précis ?

On se souvient aussi des arrestations de plusieurs policiers, dans l’exercice de leur fonction, arrêtés avec de la drogue dure. Un membre de la sécurité d’un ancien Premier ministre fut arrêté à Vacoas. Où en sont ces enquêtes ? Et ces policiers sont-ils toujours au sein de la force, et touchent-ils leurs salaires ? Pour la bonne gouvernance, et dans la logique du combat contre la drogue, ne fallait-il pas les expulser de la force policière dès qu’ils furent arrêtés ? Où est-il écrit, dans les Standing Orders de la police, qu’un policier arrêté avec de la drogue, doit seulement être « suspendu » ? Kifer pa fou li deor toutswit ?

Pour en revenir au suivi, comment se peut-il qu’avec tous ces portables saisis sur ces mules/gardiens/transporteurs, la police n’arrive jamais à remonter la filière ? Dans les cas où ces personnes sont arrêtées, elles ne parlent pas. Evidemment de peur de subir les représailles. Et il y a toujours un avocat pour les défendre. Mais est-ce si difficile de faire parler un portable ? Dans les cas de ce genre, nous sommes certains que Mauritius Telecom et Emtel se seraient faits une joie d’aider la police. Pourquoi donc on ne voit aucune suite quand il y a saisie de portables ? Est-ce parce que les Boss, situés en haut de la pyramide mafieuse, sont intouchables ? Et protégés ?

Justement, en matière de protection, il y a le cas de cette personne, opérant dans le nite life, et arrétée pour la deuxième fois en possession de drogue dure, alors qu’il était en liberté sous caution, pour le même délit ! Les internautes qui avaient suivi l’affaire, dans leurs commentaires sur les réseaux sociaux, soutenaient que ce type avait récidivé parce qu’il opérait dans le giron d’un parti politique et de politiciens ! Ce qui fait qu’il avait recouvré la liberté très vite après son arrestation.

Il y a aussi un audio qui circule sur les réseaux sociaux, et dénonçant un gros trafiquant opérant dans l’ouest du pays. Est-il vrai qu’un responsable de station de police a été transféré à la Special Mobile Force, après qu’il ait été filmé en compagnie de ce trafiquant dans la station ? Si ce n’est pas un délit de parler avec quiconque dans une station, est-ce la même chose quand cette personne est connue pour être un trafiquant de drogue ? Ce responsable a-t-il été questionné sur cette « relation » ? Et avait-il aussi reçu un « influenceur » au même endroit ? Et est-il vrai que le séjour de cet « influenceur » à Maurice était « sponsorisé » par ce trafiquant ? Jusqu’à ce jour, les Mauriciens s’interrogent sur la présence de cette personne à Maurice. »Pa kone ki linn vinn fer isi ? » Ecran de fumée, là encore ?

Nous n’avons aucun doute sur la détermination et la volonté du Commissaire Dip et de ses hommes, dans ce combat contre le trafic de drogue dure. Mais ils ont affaire à des personnes rusées. Qui sont prêtes à tout pour mener à bien leur sale besogne. Et pour ce faire, ils sèment beaucoup d’argent sur leur passage. Ce qui rend plus difficile le travail de la police. Il y a donc lieu de faire une coordination plus soutenue entre les différentes parties en présence. Par exemple, quand la police arrête un trafiquant, la presse doit cesser de publier les noms et photos des personnes. Car cela alerte ceux pour qui ils travaillent. Ces informations sont données par la police même ! Il est vrai que la police doit montrer qu’elle travaille. Mais dans ce combat, la stratégie du secret est aussi vitale. M. Dip doit exiger de ses hommes un embargo d’au moins 48 heures sur de telles informations. Afin de ne pas pénaliser le bon travail accompli.

En dernier lieu, si la police agit vraiment « without fear or favour » dans ces cas de trafics, ils ont le devoir de remonter la filière. Et arrêter les vrais commanditaires. Fussent-ils des « gro latet » ou des « gro palto » !

Si cela n’est pas fait,les saisies et les arrestations continueront. Et la police s’en félicitera.Mais comme dit Ally Lazer,le travailleur social,il n’y aura jamais de pénurie de drogue dure à Maurice.Car,les vrais commanditaires ne sont jamais inquiétés ! Avis à qui de droit !

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