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Le Premier ministre a été ferme et catégorique : aucune magouille ne sera tolérée. Pravind Jugnauth s’est exprimé, lundi à Phoenix, sur l’affaire de l’acquisition de Molnupiravir par le ministère de la Santé. Ce « procurement » pour traiter le coronavirus fait grand bruit depuis vendredi quand le prix d’achat est devenu du domaine public, choquant l’opinion par la différence de Rs 70 par cachet entre deux commandes passées par les officiers de Kailesh Jagutpal. Maintenant que le paiement au vendeur a été gelé et que le Bâtiment du Trésor a écrit à la commission anti-corruption pour réclamer l’ouverture d’une enquête eu égard aux zones d’ombre, le chef du gouvernement a donné l’assurance à la population que tout sera fait dans la transparence, que chacun devra assumer sa responsabilité et que les coupables auront à subir les conséquences.

À première vue, sur les premiers détails qui ont transpiré de cette transaction engageant le ministère de la Santé et du Bien-être et une société du privé, il paraît qu’il y a eu collusion entre certains pour faire payer très cher un comprimé importé de l’Inde. Les investigations de l’ICAC devraient permettre de voir plus clair sur toute cette affaire et ses protagonistes, mais ce qu’on peut dire déjà, selon la déclaration du Premier ministre, Kailesh Jagutpal n’est pas impliqué directement par l’achat de ce médicament. Il faudra bien que le public sache qui a tenté de faire un enfant dans le dos du ministre, ce qui lui a porté préjudice, les critiques sur son ignorance d’un tel dossier ou de la mauvaise gestion de ses services dans l’acquisition du Molnupiravir pleuvant à torrents depuis vendredi et sa démission réclamée tant ça sent le scandale et la dilapidation des fonds publics. Tant que l’enquête ne démontrera pas l’implication, directe ou indirecte, du ministre de la Santé, Pravind Jugnauth ne le limogera pas. Toutefois, nous ne le voyons pas faire partie du Cabinet dès que les conclusions des enquêteurs le blâmeront.

Quand le Premier ministre dit qu’aucune magouille ne sera tolérée, « he means business ». Il ne va soutirer personne. S’il a eu le courage de demander à son ancien adjoint, Ivan Collendavelloo, leader du ML et son principal partenaire de l’alliance gouvernementale de « step down » suite à l’éclatement de l’affaire St Louis, s’il n’a pas hésité à faire partir son colistier du No.8, Yogida Sawmynaden, exministre du Commerce, dans le sillage de sa convocation au CCID et devant l’enquête judiciaire au tribunal de Moka sur le meurtre de Soopramanien Kistnen, nous ne voyons pas Pravind Jugnauth tolérer qui que ce soit pour n’importe quelle grave maldonne. Il ne va quand même pas accepter qu’on ternit l’image de son gouvernement et la sienne. En agissant en toute justice, dans la transparence et dans l’intérêt de la nation, il ne pourra que récolter des dividendes politiques tout en s’imposant comme un leader capable de commander le respect et faire respecter les règles de la bonne gouvernance. Il y en a eu trop d’accusations, gratuites parfois, de fraude et de corruption pour qu’il n’agisse pas quand des informations troublantes sur des ententes douteuses et malhonnêtes sont rendues publiques.

Pravind Jugnauth, outre d’avoir été investi des responsabilités de diriger le pays par une gestion transparente, droite et correcte des affaires publiques, est également un contribuable. Les membres de sa famille et lui également paient les taxes comme tous les citoyens du pays. Lui aussi a dû ressentir, comme chaque Mauricien qui a cru que l’affaire Molnupiravir est scandaleuse, qu’il a été volé. Qui dilapide les fonds publics, dévide les poches des contribuables et c’est un argent gagné à la sueur de leur front. Il n’est donc pas possible qu’au grand jour, sans la moindre hésitation, sans la moindre pudeur, on complote pour tricher et abuser, voulant s’enrichir sur le dos de la population en un tour de main alors que le pays passe par une grave crise sanitaire et que de nombreux compatriotes meurent chaque jour. Le Premier ministre ne peut laisser des fraudeurs, des corrupteurs et des corrompus gangréner tout un système de gouvernement et de gouvernance pour lequel il est le garant et le chien de garde contre toute tentative malsaine de détournement et d’abus contre l’intérêt du pays et de sa population.

Il a également été réconfortant d’entendre le chef du gouvernement dire qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas de cover-up sous son leadership. Le fait d’avoir affirmé que les explications de son ministre de la Santé l’ont convaincu qu’il n’est pas impliqué dans ce présumé scandale, voilà que les insinuations n’ont pas tardé. Pravind Jugnauth a tout à perdre de tolérer un ministre incompétent et corrompu. S’il n’a pas invité Kailesh Jagutpal à démissionner, c’est qu’il a de bonnes raisons de ne pas le douter d’être trempé dans des magouilles. Un Premier ministre a toutes les informations et tout l’appareil d’État à sa disposition. S’il a des preuves de l’implication de n’importe qui que ce soit dans une affaire aussi grave, il tranchera. Impitoyablement. Pour le moment, comme il l’a souligné, rien ne prouve la culpabilité d’un ministre ou d’un fonctionnaire en particulier pour qu’il agisse sur un coup de tête. Sa déclaration sans équivoque est qu’il est sérieux dans son approche et dans son intention de mettre hors d’état de nuire tous ceux qui croient que le Trésor public est une vache à traire et que chacun a sa part qu’il prendra à son bon vouloir en se livrant à des magouilles et des fraudes. L’ICAC devra faire diligence sur ce brûlant dossier même si ses enquêteurs sont surchargés par de nombreuses affaires de corruption et de blanchiment d’argent.

Quand le Premier ministre et le ministre de la Santé sont sur la même longueur d’onde et sont d’accord pour faire la lumière sur les conditions de cette transaction, s’ils s’accordent à dire que les responsables vont devoir subir les conséquences s’il est prouvé qu’il y a eu maldonne, il faudra s’attendre à des développements dans les jours à venir. D’autant que Pravind Jugnauth a soutenu que « l’ICAC va bizin déterre tou ceki bizin déterré. »

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