November 30, 2022
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Opinion Politique

Budget, immunité sanitaire et relance

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Tout doit être fait pour que l’île Maurice parvienne à l’immunité sanitaire et réunisse toutes les conditions pour favoriser une reprise cette année. Car c’est la période où en Europe, des pays de l’Ouest partent en vacances, alors qu’au même moment, ils affichent une timide mais réelle reprise.

En France, d’ici quelques semaines, l’on parviendra vraisemblablement à un excédent de vaccins qui arrivent sur le marché. L’ensemble des gouvernements de l’Europe de l’Est misent sur une immunité sanitaire qui leur permettra de relancer leurs économies, au moment où la Chine et les États-Unis ont commencé une course contre la montre afin de ne pas être dépassés sur le commerce des biens par l’un ou l’autre. Mais depuis 2020, le pays de Mao avait déjà fixé ses objectifs afin de ne pas prendre du retard : endiguer la pandémie et remettre son économie sur les rails. Cette année, la Chine devrait renouer avec la croissance et se repositionner sur le continent pour laisser loin derrière les anciennes puissances coloniales européennes présentes, de même que l’Inde.

Faiblesses

La pandémie a sans doute permis de mettre au grand jour les faiblesses auxquelles la Grande péninsule était exposée, tant au niveau des moyens disponibles pour combattre une maladie de cette envergure que le comportement de sa population, incapable de se soumettre aux gestes barrières. Au même moment, la Chine donnait l’exemple au monde entier en réussissant le triple pari d’enrayer la pandémie, de mettre au point un vaccin et de relancer son économie. Ce pays n’a pas eu besoin d’imposer des lois draconiennes pour forcer sa population à se conformer aux règles barrières, tant celle-ci est déjà rompue à la discipline.

À Maurice, depuis l’apparition de nouveaux cas de Covid-19, les autorités multiplient les appels à la population afin qu’elle observe les précautions. Mais rien n’y fait : il y a encore des comportements de défiance face auxquels les autorités semblent impuissantes. Comment un pays comme Maurice, qui a connu une contraction de 15 % de son économie, pourra-t-elle envisager une relance et tendre vers l’immunité sanitaire si de tels actes sont commis ?

L’année 2021 sera cruciale pour notre économie, tributaire de la situation sanitaire chez nous et de la reprise à l’international. Par ailleurs, il faudra attendre le Budget 2021-2022 pour connaître les grandes orientations que le ministre des Finances souhaite dégager afin de relancer l’économie. Mais dans une situation de repli, sans production locale et recettes provenant des exportations, on sait déjà que sa marge de manœuvre est limitée.

Transformation alimentaire

Des groupes politiques comme Lalit ou Rezistans Ek Alternativ en appellent au gouvernement afin de mettre sur pied un secteur de transformation alimen- taire, tant en légumes qu’en produits laitiers et en viande afin d’atteindre l’autosuffisance. Toutefois, des importateurs ont déjà fait observer qu’un secteur de légumes transformés à Maurice ne serait pas rentable en raison de la taille de notre marché, alors que sur le marché régional, des produits mauriciens se heurteraient à la concurrence des pays tels que la Chine ou l’Italie, dont les coûts de production sont nettement inférieurs comparés à d’éventuels produits mauriciens.

Il y a sans doute du bon sens dans cette argumentation, mais on peut contourner l’enjeu de l’alimentation en aidant les familles mauriciennes à se lancer dans des coopératives agricoles, avec la production de légumes sains et destinés à la consommation domestique. Il suffit que le gouvernement récupère des terres sous culture de la canne à sucre pour les louer à bail à ces sociétés coopératives, en soutenant celles-ci avec des prêts et des conseils agricoles.

Eaux territoriales

Puis, il est grand temps de relancer l’économie bleue dont les richesses sont multiples et surtout à l’infini dans nos eaux territoriales. Vassen Kauppaymuthoo, océanographe et ingénieur en environnement, n’arrête pas d’attirer notre attention sur les promesses de l’océan. Que ce soit l’ancien ministre ou ceux qui ont géré le ministère de tutelle, personne n’a semblé accorder toute l’importance nécessaire au dossier de l’économie bleue et celui des énergies renouvelables.

Et pourtant, des mesures pratiques existent sans nécessiter de lourds investissements, notamment au niveau de l’éclairage des rues et du bâtiment. Il suffirait que le gouvernement vienne de l’avant avec une législation qui obligerait les constructeurs d’immeubles privés et publics à inclure des panneaux de capteurs solaires dans leurs plans. L’État pourrait les aider avec des ‘grants’ s’il leur manque les moyens nécessaires. Mais, un tel projet ne peut être réalisé par à-coups, il faut une véritable stratégie à moyen et long termes, doté d’un budget approprié et d’un personnel spécialisé.

Au moment où certains se gargarisent de termes pompeux, notamment la nécessité d’innover ou de trouver de nouveaux paradigmes, il existe des secteurs qui méritent l’attention de manière concrète. L’économie bleue et les sociétés coopératives en sont deux exemples. Il existe déjà un ministère des Coopératives dont la faiblesse, malheureusement, est de se concentrer sur des filières existantes. Or d’autres domaines peuvent faire l’objet de modèles de développement coopératif, notamment la production d’énergies renouvelables.

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