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Elles ont du mal à rebondir pour ne pas dire que c’est la traversée du désert. Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) ont encaissé coup sur coup depuis le début de la pandémie en mars 2020. Il y a eu les fermetures forcées pendant les deux confinements et les restrictions de capacité liées au Covid. Elles ont eu affaire à des clients indisciplinés et un personnel réduit. Aujourd’hui encore en raison du variant Omicron, les PME font face à une grosse pénurie d’employés.

Des PME ont perdu plusieurs employés pour cause d’absence prolongée en raison de l’introduction du schéma vaccinal complet sur les lieux de travail. Les chefs d’entreprise constatent que bon nombre de leurs salariés sont contre la vaccination et de ce fait, ils préfèrent aller travailler ailleurs où le schéma vaccinal n’est pas contrôlé. L’impact est important et dans de nombreux cas, cela signifie que le propriétaire du commerce doit lui-même faire le travail ou compter sur sa famille et ses amis. Cette situation est notamment plus difficile lorsque le chef d’entreprise est testé positif au Covid car il se retrouve souvent contraint de fermer son entreprise pendant toute la durée de sa maladie. Ainsi, l’entreprise se retrouve davantage en difficulté financière car il faut honorer les frais généraux dont le loyer, les salaires et autres dépenses.

Un nombre croissant d’entreprises ont dû réduire leurs heures de travail ou fermer temporairement, soit en réponse à des cas positifs parmi les employés, soit à titre préventif. Si la plupart de ces changements sont temporaires, ils n’en restent pas moins des mesures inhabituelles auxquelles ces entreprises n’étaient pas confrontées avant la pandémie.

Rien qu’en avril, deux entreprises de renom ont annoncé leur fermeture. Le restaurant Savinia Bistrot à Bagatelle a été contraint d’interrompre définitivement toutes ses opérations en raison des derniers développements de la pandémie et des défis financiers actuels. Dans une note sur sa page de Facebook, le restaurant a indiqué qu’il a interrompu tous ses services. Busy B, une marque de référence chez les femmes mauriciennes, qui se spécialise dans la confection de vêtements pour les femmes de tailles 36 à 56, un concept rare sur l’île, a annoncé sa fermeture définitive incessamment. La propriétaire, Beatrice Bijoux-Bellepeau explique : « Les travaux des Metro Express devant mes locaux et la pandémie ont accentué mes pertes financières et j’ai dû prendre la décision de mettre la clé sous le paillasson. »

Nancy Appadoo, ex-gérante d’un snack à Rose-Hill, a aussi fermé boutique en février. « J’étais toujours douée pour la cuisine et je me suis dit pourquoi ne pas me lancer à mon propre compte suite à une perte d’emploi. Mes proches m’ont encouragée à ouvrir mon entreprise après le deuxième confinement. J’ai pris un emprunt et j’ai puisé dans mes économies. Au début, tout allait bien jusqu’à ce que certaines restrictions entrent en vigueur, notamment la vaccination obligatoire des employés et des clients et la hausse fulgurante des denrées alimentaires. J’ai perdu pas mal de clients fidèles qui jusque-là venaient déjeuner sur place. Plusieurs de mes employés n’étaient pas totalement vaccinés. Tout est devenu compliqué et je me suis retrouvée face à une baisse considérable de ma clientèle. Au fur à mesure, j’ai dû licencier la majeure partie de mon personnel avant de fermer définitivement cette année car j’avais des difficultés constantes à payer les salaires et le loyer mensuels. »

La fermeture généralisée des commerces tels que les magasins, les resto-bars, les bistrots, les discothèques et les entreprises, en raison du coronavirus, est sans précédent. De nombreux commerces ont fermé leurs portes en raison d’une baisse de la demande, de préoccupations sanitaires ou d’autres facteurs. Certaines fermetures pourraient être définitives à cause de l’incapacité des propriétaires à payer les dépenses courantes et à survivre financièrement. L’impact sur les petites entreprises à travers l’île risque de s’aggraver même si les premiers effets du Covid-19 sur les petites entreprises et les entrepreneurs ne sont pas bien connus en raison du manque de données ponctuelles qui ne sont pas publiées par les autorités concernées.

Une flopée de propriétaires d’entreprises inactives sont susceptibles de fermer définitivement leur commerce surtout si la récession, induite par le Covid-19 et les restrictions en vigueur, se prolonge. Même les fermetures temporaires causées par la pandémie sont problématiques car elles reflètent les pertes de revenus des propriétaires d’entreprises pendant ces mois d’inactivité. A l’instar des discothèques et des organisateurs de concert.

La plupart des PME ont connu une forte baisse d’activité à l’exception de ceux qui se spécialisent dans l’agriculture. Ceux qui sont dans les secteurs de la construction, de la restauration, des transports et des services personnels, de blanchisserie et de l’artisanat ont tous connu une forte baisse d’activité et ils ont du mal à garder à flot leurs entreprises.

Selon les derniers chiffres communique par Statistics Mauritius, l’emploi des Mauriciens est estimé à 509 900 au quatrième trimestre de 2021, contre 476 100 au troisième trimestre de 2021 et 523 700 au quatrième trimestre de 2020. Le taux de chômage pour le quatrième trimestre de 2021 est estimé à 8,1%, comparé au taux de 9,5% au troisième trimestre de 2021 et au taux de 10,4% au quatrième trimestre de 2020. Le nombre de personnes considérées comme étant en dehors de la population active est estimé à 456 900 au quatrième trimestre 2021 contre 484 200 au troisième trimestre 2021 et 418 200 au quatrième trimestre 2020.

A ce jour, 52% des PME ne fonctionnent pas normalement à cause des difficultés financières encourues car gravement touchées en particulier par les deux confinements, elles ont du mal à remonter la pente.

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