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Le Premier ministre a défendu ses positions mardi dernier à l’Assemblée à l’heure des conclusions sur la Finance Bill 2021-22 concernant surtout les amendements de la GRA Act. Dans son intervention, le PM a, en effet, dénoncé les micmacs de l’Opposition qui ne veut pas voir dans ces amendements le Game Changer pour l’industrie Hippique. Le PM a aussi questionné les arguments rétrogrades de Jean-Michel Giraud, l’actuel président du MTC, dont le statut de Politically Engaged Person (PEP) auprès du MMM a été confirmé.

En effet, le PM s’est attardé sur ces amendements afin de dissiper tous les doutes, toutes les appréhensions et aussi pour dénoncer la démagogie qui règne en ce moment sur ce dossier. « D’emblée, je dirai que tout le tapage fait autour de la proposition de la création d’une Horse Racing Division, au sein de la GRA est totalement injustifié », a soutenu le PM. En effet, c’est un fait que les courses de chevaux à Maurice sont à la croisée des chemins et qu’il est important d’entreprendre une refonte complète pour un avenir meilleur et durable à rappeler Pravind Jugnauth

Ce dernier a effectivement souligné que de sérieuses préoccupations concernant les courses de chevaux à Maurice ont été exprimées depuis de très nombreuses années. « Personnellement j’ai dénoncé à plusieurs reprises dans le passé les mauvaises pratiques et les problèmes d’intégrité qui prévalent depuis si longtemps. L’ancien Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, alors qu’il répondait à une question parlementaire le 22 juillet 2014, a déclaré, je cite « Le gouvernement considère avec beaucoup d’inquiétude les allégations de grande envergure concernant l’organisation et la gestion des courses de chevaux à Maurice. Le gouvernement est également préoccupé par les critiques formulées à l’encontre des agences qui s’occupent des courses de chevaux et des activités de paris qui y sont liées. Il est évident que la confiance du public dans l’intégrité de l’industrie des courses de chevaux a été sévèrement ébranlée. J’ai décidé de mettre en place une commission d’enquête pour examiner tous les aspects des courses de chevaux à Maurice. »

C’est donc le précédent gouvernement qui a annoncé le 24 septembre 2014, la mise en place d’une Commission d’enquête sur les courses de chevaux à Maurice et le Président de la République de l’époque a nommé M. Richard Parry en tant que commissaire pour présider l’enquête, avec deux autres commissaires, MM. Dennis Gunn et Paul Scotney, pour agir en tant qu’assesseurs.

Un rapport accablant présenté en mars 2015

Le PM dira dans son inter- vention que la Commission Parry a présenté un rapport accablant en mars 2015, trois mois seulement après l’entrée en fonction de L’Alliance Lepep à l’issue des élections générales de décembre 2014. Le rapport n’a fait que confirmer les maux qui rongent l’industrie des courses de chevaux. Le rapport a mentionné entre autres, la mauvaise administration, la corruption, la collusion, les conflits d’intérêts et de clans, le trucage des courses, et des malver- sations, entre autres.

Le rapport Parry soulignait aussi que « les allégations de courses truquées constituent un problème majeur pour les courses de chevaux mauriciennes depuis de nombreuses années. Les thèmes communs qui ont été mis en évidence dans le rapport Rault en 1985 et qui, selon la Commission, sont toujours d’actualité, sont les suivants : la clarté sur la question de savoir à qui incombe la responsabilité de traiter la corruption dans les courses de chevaux ; l’incapacité, à travers les structures et les processus du MTC, de traiter de manière adéquate la question des courses truquées ; les conflits d’intérêts qui empêchent les améliorations en matière d’intégrité ; la gestion et le contrôle des jockeys mauriciens et étrangers ; les marchés de paris illégaux, et l’application inadéquate des règles et réglementations en matière de corruption ».

« La Commission a estimé que la GRA n’était pas ” adaptée à sa mission ” et qu’elle avait besoin d’une refonte fondamentale avec un leadership plus dynamique, un plan stratégique clair pour remplir ses responsabilités étendues en vertu de la loi sur la GRA, des options tactiques pour mettre en œuvre sa stratégie et, surtout, elle avait besoin de ressources adéquates avec un personnel expérimenté et motivé », a encore une fois souligné avec force le PM.

Il a rappelé que la Commission a recommandé qu’il y ait un besoin urgent de retirer les responsabilités de réglementation et de gouver- nance du MTC et, à la place, de créer une organisation séparée, la Mauritius Horseracing Authority, qui serait un nouvel organisme statutaire indépendant pour superviser la réglementation et la gouver- nance des courses de chevaux à Maurice. La Commission a aussi estimé qu’il y avait lieu d’envisager de modifier le statut du MTC, qui passerait de celui d’un club privé à celui d’une société limitée par des actions en vertu de la loi sur les sociétés. Elle a également recommandé une meilleure coordination entre la GRA, la MRA, la FIU et la Police des Jeux pour traiter efficacement les mauvaises pratiques et les activités de corruption dans l’industrie des courses de chevaux.

Se basant sur ces faits, le PM a expliqué que ce n’est un secret pour personne qu’année après année, l’organisation des courses a été décriée par tous les ‘stakeholders’ concernés. « Rapport après rapport, de Rault à Parry en passant par Balgobin et Glover, le constat a été unanime et accablant : les courses hippiques à Maurice souffrent de pratiques douteuses. Les turfistes ont été les plus grandes victimes », dira le PM.

C’est pour cette raisons dit-il qu’il est important que le gouvernement agisse et ce dans la bonne direction en prendant le taureau par les cornes dès le début de son mandat en 2015. Comme recommandé par le Rapport Parry, le gouvernement a donné à la GRA des muscles et des dents pour évoluer d’un bouledogue sans dents à un bouledogue qui sait mordre. « Si la GRA n’était pas ‘fit for purpose’ en 2014 comme mis en exergue par la Commission d’enquête, c’est que cette institution régulatrice n’avait qu’une dizaine d’employés, la plupart des retraités qui ne faisaient que du ‘rubber stamping’ sous le joug d’un nominé travailliste qui agissait comme Chairperson. Pas besoin de mentionner les noms », a soutenu le PM.

Un nouveau conseil d’admi- nistration a été nommé, il fallait aussi restructurer l’institution, et recruter des personnes compétentes ainsi que des consultants pour aider la GRA à assumer ses responsabilités pleinement. Ce qui fait qu’aujourd’hui, la GRA est dotée d’un Conseil d’administration dynamique et proactif et d’une cinquantaine d’employés qualifiés. Depuis 2015, la GRA a pris une série d’initiatives pour mieux exécuter sa mission telle qu’indiquée dans la GRA Act. Ces initiatives ont tenu compte des observations et recommandations de la Commission Parry. Selon les provisions de la loi, des directives ont été émises à l’intention de l’organisateur des courses hippiques pour s’attaquer au problème de subjectivité et d’iniquité dans la prise de décisions et d’apporter plus de certitude aux stakeholders concernés.

Le PM a souligné que la loi a été amendée pour contraindre les opérateurs du betting d’opérer à travers une entité corporative pour plus de transparence et conformément à la réglementation contre le blanchiment d’argent. C’est dans cette même optique que le MTC, qui a un statut de club privé, a dû créer une subsidiaire corporative, le MTCSL, pour pouvoir opérer selon les nouvelles dispositions de la loi.

Le contrôle anti-dopage a été renforcé, la GRA prenant à sa charge le contrôle hors-compétition. Sur une recommandation du laboratoire concerné, le contrôle pré-compétition est fait les jeudis suivant la publication du programme des courses. Ce nouvel arrangement permet au laboratoire d’avoir plus de temps pour effectuer un éventail de tests, contrairement à ce qui se pratiquait auparavant.

27 cas de dopage ont été détectés depuis septembre 2017

Pour plus de transparence sur les gains, issus du betting, les ‘licensees’ de la GRA sont contraints sous l’Income Tax Act de réper- torier les gains dépassant Rs 20000. Des accords de partenariat, des MoUs ont été signés entre la GRA et d’autres institutions comme la MRA, l’ICAC, la FIU, l’IRSA en vue d’une collaboration étroite pour mieux traquer les actes illégaux ou suspicieux dans le circuit des jeux de hasard et d’argent. Désormais, il est un devoir légal des ‘licensees’ de la GRA de divulguer leur bénéficiaire ultime, ce qui permet de connaître l’identité de la personne qui est réellement derrière l’activité concernée.

Depuis cette année la Personal Management Licence a été intro- duite afin de déterminer si une personne engagée dans le secteur des jeux de hasard et de l’argent est ‘fit and proper’. Son importance est maintenant mieux comprise a indiqué le PM, car l’exercice de ‘due diligence’ qui précède l’octroi de la Personal Management Licence permet de mettre à l’écart des individus suspectés de ne pas être ‘fit and proper’.

Par ailleurs, la loi a été aussi amendée pour contraindre les institutions financières à ne pas honorer des transactions liées à des paris illégaux sur le net. Et dans peu de temps, la Police des Jeux passera sous la GRA en vue d’une meilleure coordination en ce qu’il s’agit des opérations coups de poing sur le terrain. Finalement, il y a eu l’introduction d’un mécanisme de contrôle en ce qui concerne l’achat des chevaux, les paiements effectués aux jockeys et les versements pour l’entretien de chevaux, communément appelé ‘keep money’. Désormais, toutes ces transactions, de par la loi, doivent passer obliga- toirement par un compte spécifique de la MTCSL. La responsabilité incombe donc à la MTCSL, valeur du jour, de rapporter à la FIU toute transaction qu’elle jugerait suspecte.

« Toutes ces mesures montrent que les autorités se sont armées de dispositions légales et de mécanismes pour combattre des actes illégaux dans le secteur des jeux de hasard et d’argent, susceptibles de ternir l’image du pays. Evidemment, ces mesures ne plaisent pas à cette mafia dénoncée par la Commission d’enquête Parry. C’est pour cela, M. le président, qu’il y a autant de résistance », a indiqué Pravind Jugnauth.

Inspiré par l’une des plus importantes recommandations de la Commission Parry

Pour le PM, les amendements proposés au GRA Act dans la Finance Bill 2021-22 c’est une autre étape cruciale qui est franchie pour mettre de l’ordre dans l’industrie hippique et assurer sa pérennité. Passer à cette nouvelle étape est nécessaire, dira-t-il car il y a encore des entorses répétées aux règles régissant les courses hippiques, au détriment des principaux acteurs du secteur que sont les entraîneurs, les propriétaires de chevaux, et surtout les turfistes.

« Inspiré par l’une des plus importantes recommandations de la Commission Parry, nous proposons la mise sur pied d’une Horse Racing Division à la GRA. Nous ne créons pas une nouvelle autorité, parce que nous estimons inapproprié de dupliquer les institutions, compte tenu de l’exiguïté de notre juridiction. Nous sommes d’avis qu’il faut bâtir autour de ce qui existe et optimiser l’utilisation des ressources disponibles », a soutenu le PM pour défendre sa volonté pour mettre de l’ordre dans l’industrie hippique.

Cependant, a insisté le PM la Horse Racing Division opérera en toute indépendance pour assumer les ‘regulatory and governance functions’ des activités hippiques. En effet, Le responsable de cette division, qui pourrait être un Australien, consultera le CEO ou l’officier en charge de la GRA que sur des questions d’ordre adminis- tratif et de politique générale.

« De plus, cette division, comptera en son sein que des professionnels aguerris en matière hippique. Le responsable de la division a déjà été recruté. Il s’agit d’un professionnel australien qui a mis ses compétences au service de plusieurs juridictions hippiques. Il sera épaulé par d’autres consultants réputés dans leurs spécialités respectives. Evidemment, des professionnels mauriciens y feront aussi partie après des exercices de recrutement », a donné l’assurance le PM.

« I wish here to allay the fears of those who have been made to believe that Government wants to take horse racing under its control. This is absolutely not true. Government is only ensuring that horse racing is undertaken in an environment of trust where integrity, fairness, and transparency will prevail. Some Members on the other side of the House have said: “A qui profite le crime?” First of all, there is no crime that is being committed. What is being proposed is an evolution for a sustainable and clean horse racing industry », a encore insisté Pravind Jugnauth dans son intervention.

Néanmoins, le PM a quand même posé des questions aux membres de l’Opposition: A qui profite le crime qui est en train d’être perpétué semaine après semaine à l’encontre des turfistes ? A qui profite le crime de continuer avec des décisions arbitraires et des collusions occultes ? A qui profite le crime quand certains cautionnent les maldonnes et les activités des corrompus qui ont pris des courses en otage ? Des questions pertinentes, auxquelles l’Opposition n’a pu répondre.

Dans la foulée, le Premier ministre a indiqué que les gains provenant des courses hippiques ont servi de ‘war chest’ pour des politiciens au sein de l’Opposition parlementaire et extra-parlementaire. Tout comme les relations incestueuses entre ce ‘Don’ dénoncé dans le rapport de la commission d’enquête et des politiciens de l’Opposition. « On sait comment des politiciens de l’Opposition ont donné des consignes de vote aux dernières élections au Mauritius Turf Club. Ils ont affiché ouvertement, publiquement, à travers leur compte Facebook. Alors, ce n’est pas difficile de comprendre les motivations de certains membres de l’Opposition. Ce sont eux qui ont politisé le MTC. Qu’ils fassent leur mea-culpa avant tout ! », a indiqué avec raison le PM.

« Si je comprends bien les critiques de l’Opposition, dois-je conclure qu’ils auraient mis le rapport Parry dans un tiroir si jamais ils avaient gagné les élections en 2014 ? Auraient-ils trouvé une parade pour dire que le commissaire et ses assesseurs ont fauté et qu’il fallait à tout prix maintenir le statu quo et laisser pourrir la situation ? Auraient-ils permis à la mafia dénoncée dans le rapport Parry de continuer à détrousser les turfistes semaine après semaine ? », s’est encore interrogé le PM.

Pour ce qui est du Mauritius Turf Club, maintenant Mauritius Turf Club Sports & Leisure Ltd, le PM dit condamner l’obsession de cette dernière de vouloir à tout prix défier le gouvernement et la GRA. Le gouvernement, a affirmé le PM, agit en toute bonne foi pour le bien des courses hippiques et de ce fait le MTCSL gagnerait à reconnaître qu’avec la mise sur pied de la Horse Racing Division, il serait épargné des dépenses conséquentes liées au contrôle anti-dopage et de sa facture salariale la plus onéreuse.

Loin de vouloir tuer le MTCSL comme allégué, le PM a indiqué que c’est une opportunité offerte à ce dernier de mieux utiliser les ressources financières qu’il continuera de recevoir des opérateurs de paris, pour améliorer ses infrastructures, moderniser ses équipements, augmenter les ‘stakes money’, améliorer les conditions d’emploi des palefreniers, par exemple, ou encore planifier l’avenir.

La mise sur pied de la Horse Racing Division sera un ‘game changer’

Contrairement à ce qui est dit par le président du MTC, considéré comme un proche du MMM selon le PM, le MTCSL continuera à s’occuper de l’organisation des courses et des ‘race-day operations’. Depuis la parution du programme officiel jusqu’à la fin d’une journée de course, le MTCSL continuera de s’occuper de ce qu’il fait maintenant. Clairement donc, la mise sur pied de la Horse Racing Division sera un ‘game changer’, non seulement pour l’industrie hippique mais aussi pour le MTCSL.

De ce fait, le PM a considéré comme répugnant le fait que certains veulent, par tous les moyens, discréditer la GRA et faire un procès d’intention à la Horse Racing Division qui est proposée. « Je le redis, le gouvernement agi de bonne foi et je donne encore une fois l’assurance que la Horse Racing Division sera composée d’experts et de professionnels qui agiront en toute indépendance », a encore rappelé le Pravind Jugnauth dans son intervention. Le PM rejette aussi l’idée émise par le MTC à l’effet que les courses est en voie de nationalisation à Maurice ?

« Ils n’arrivent pas à nager et sont en train de s’accrocher à n’importe quels arguments qui passent par leur tête. But then, these kinds of arguments are meant deliberately to create a sentiment of mistrust amongst horseracing followers about the intentions of Government and the GRA. What this Government truly wishes, is for the horseracing industry to adopt integrity and professionalism as the cornerstones of its future development. We want to breathe a new life into an industry which deserves better », a répondu le PM face aux commentaires du MTC lors d’une conference de presse.

Pour Pravind Jugnauth, la pérennité des courses hippiques passe aussi par la mise sur pied d’un nouvel hippodrome moderne avec toutes les facilités nécessaires et dignes de notre République avant-gardiste. Sur ce chapitre également, l’avènement de la Horse Racing Division à la GRA ouvre de nouvelles perspectives. Le PM a indiqué que des discussions avaient été entamées avec le MTC, à la demande de celui-ci, pour baliser les contours de la nouvelle industrie hippique. Une équipe composée des officiers du PMO et du ministère des Finances et du Développement économique avait été dûment mandatée pour entamer ces discussions.

Le PM devait même indiquer que 7 réunions se sont tenues sur la question entre le 2 décembre 2020 au 15 février 2021 et il y avait consensus sur la marche à suivre, y compris r la mise sur pied de la Horse Racing Division qui assumerait les ‘regulatory and governance functions of horse racing’. Il y avait unanimité sur la nécessité d’un nouvel hippodrome. « Il y a bien eu un dialogue avec le MTC, dûment représenté par son ancien président et son ancien CEO, et deux consultants d’Ernst & Young, dont les services avaient été retenus par le MTC.

Il est donc faux de dire qu’il n’y a pas eu de consultation. Si, bien sûr, la nouvelle direction du MTC/MTCSL a changé de cap en s’entêtant dans la provocation et l’insulte et n’a pas voulu poursuivre ces discussions, je ne vois pas comment le gouvernement peut être blâmé ! Et certainement, nous ne privilégions personne par rapport à un autre. Notre agenda : c’est le bien de l’industrie hippique, rien de plus », a indiqué le PM dans son intervention.

Encore une fois, le PM a réitéré le fait que le gouvernement agit de bonne foi en venant de l’avant avec les amendements au GRA Act et de préciser que Maurice ne fait comme les autres juridictions hippiques tel que la Grande Bretagne, le Singapour, l’Afrique Sud ont fait depuis des décennies.

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