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D’ici quelques semaines le paysage du transport en commun va se métamorphoser avec l’arrivée du métro sur nos rails. Célébré comme un projet phare pour l’avenir et le modernisme de Maurice, les promoteurs du Metro Express se démènent pour galvaniser bon nombre d’usagers et à fédérer tout le peuple autour du tram électrique, et pour cela ils ont annoncé que le trajet sera gratuit, dans un premier temps. 

En effet, au lieu du piaffement d’impatience pour embarquer dans ce train du renouveau et du futur,   le scepticisme et la méfiance qui s’étaient installés chez une partie de la population laisse place aujourd’hui à un emballement. Il faut bien le dire, Metro Express est un projet qui avait fait couler beaucoup d’encre avant même les premiers coups de pioches du constructeur Larsen & Toubro.  C’est un sujet qui avait déchainé les passions, suscité déceptions, colère et amertume au point de faire prendre la poudre d’escampette à certains matamores venus expliquer les bienfaits du projet auprès des victimes collatérales, lors de ses  balbutiements. 

Cependant, la question que l’on devrait se poser en toute honnêteté à quelques semaines de la date butoir de son lancement est : et si c’était un projet qui va vraiment améliorer le transport en commun, aérer le trafic routier et propulser l’Ile Maurice dans une nouvelle ère de prospérité ?  

Les défiants vous diront qu’il n’y rien à faire. Pour ces types de personnes, Metro Express reste une pilule qui ne passe pas, quand bien même édulcorée, pas même en effervescent et encore moins en suppositoire.  C’est un projet qui, à leurs yeux, sent le déraillement car selon leurs dires,  il a été bâclé et mal fignolé.  Cela dit, avec le capharnaüm qu’aura provoqué son avènement, tant en termes d’excavations fâcheuses, de destructions malheureuses  et de glissements de terrains, on peut comprendre que les réactions soient aussi vives et emportées. 

En revanche, beaucoup pensent qu’avec un bon système de « feeder buses » et une très bonne planification, prendre le métro pour aller et rentrer du boulot, est une expérience à tenter. Pour ces novateurs, c’est une manière de voyager à l’occidentale et qui va projeter le pays dans la  modernité qui fait cruellement défaut.   Ces progressistes pensent aussi que la réflexion d’un système de transport généré à  partir de l’énergie propre pourrait s’ensuivre avec des feeders buses électriques par exemple. Une ébauche d’un tel projet est peut-être en gestation  entre  une grosse corporation importatrice de voitures et qui ambitionne de passer complètement  à l’énergie renouvelable dans  les années futures et une compagnie chinoise leader dans le transport électrique. La Chine est d’ailleurs un superbe exemple de réussite à émuler  en matière de  transition à l’énergie verte.  Qui aurait cru que le plus gros pollueur de la planète transiterait un jour au vert ? Eh bien quand la survie économique en dépend, la Chine, visionnaire  n’a pas hésité à amorcer le virage. 

 Enfin arrivent les démagogues, ceux qui tirent à boulets rouges maintenant sur le métro qu’eux même avaient présenté à la population comme une « navette » de classe et hors du temps, qui allait être un fleuron d’esthétisme et d’efficacité pour le pays et dont le coût à plusieurs milliards en valait bien l’investissement. 

La question qui doit leur être posée à cette dernière catégorie de  protagonistes est : mais  que fera Navin Ramgoolam le leader et  « challenger » de l’actuel Premier Ministre,  du métro, s’il était réélu? Entend-il freiner sec un tram en marche et courir de gros risques de mettre en péril l’économie du pays ? Ou bien trouvera-t-il d’autres étalages pour étendre le tracé jusqu’aux régions rurales, histoire de ratisser plus large et poursuivre la logique locomotrice de faire siffler les trams si fort qu’ils couvriront le bruit des copecks qui empliront à nouveau ses coffres ? 

 Cela dit, qu’on le veuille ou non, Metro Express est une réalité avec laquelle il faudra composer.  La culture métro, boulot, dodo, arrive jusque chez nous. Reste à espérer que les trois fassent bon ménage. 

Pima Ruz 

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