January 27, 2023
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Opinion

Faisons du neuf avec du vieux !

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C’est aujourd’hui, vendredi 18 Mars, la journée mondiale du recyclage. Et dans cinquante ans, quand un jeune Mauricien se penchera sur l’histoire de notre société, il se demandera pourquoi l’Etat, à travers la police, a systématiquement brûlé les plants de gandia, récoltées lors des descentes de l’ADSU. Si cette plante est catégorisée comme « drogue », il n’en reste pas moins qu’une utilisation plus judicieuse des prises de police aurait pu servir à la société.

Si l’Etat s’apprête finalement à donner son aval au cannabis industriel/médical, il est quand même incroyable qu’aucune voix ne s’est jamais élevée pour demander à ce que les plants saisis par la police ne finissent pas au four. Mais soient recyclés. A titre d’exemple, les tiges de cannabis peuvent, selon le site Zambeza Seeds, être converties en… thé ! Pour cela, il faut juste « décarboxyler vos tiges tout comme vous l’auriez fait pour produire des comestibles ou des extraits. Ce processus convertira le THCA non-psychoactif en THC via la chaleur. Pour ce faire, préchauffez votre four à 110 °C et recouvrez une plaque de cuisson de vos tiges. Placez le tout au four pour une durée d’une heure.

Vos tiges en sommeil sont désormais actives, et il est temps de faire du thé. Coupez vos tiges en petits morceaux et ajoutez-les à une casserole remplie d’eau et de lait entier. Le THC est lipophile, ce qui signifie qu’il se lie au gras. Faites bouillir le tout pendant 10 minutes, puis égouttez au travers d’un tamis. Ajoutez du sucre, du miel ou de la stévia selon vos préférences. En fait, le plant de cannabis a de multiples propriétés, et de nombreux experts l’ont déjà signalé. On peut en faire du beurre, du papier, de produits pour la peau, de l’alcool de tige maison, entre autres. Et surtout, elle est utilisée pour traiter l’épilepsié. Et récemment, le poète Dev Virahsawmy en faisait le plaidoyer, lui qui dit souffrir à nouveau d’une maladie qui l’avait frappé dans son enfance. A savoir la poliomyélite.

Mais il n’y a pas que le cannabis. Beaucoup de petits métiers ont disparu, parce que le Mauricien s’était laissé contaminé par le virus « nouveau riche ». Soudain, il a eu horreur du « vieux ».Il lui fallait les chaussures dernier cri, la voiture haut de gamme, quitte à embouteiller nos routes, et les vêtements « griffés ».Mais avec les deux ans de Covid,et maintenant la menace d’une possible guerre mondiale, tout un chacun redécouvre les vertus du « vintage ».Et là, les coordonniers de coin de rue(on les voit dans chaque ville et village) ont pu avoir du travail, en redonnant vie aux chaussures, aux sacs cassés. Et les artisans « nature » ont pu vendre leurs produits « verts » en faisant reculer l’invasion du plastique, qui menaçait d’asphyxier nos rivières, et bloquer l’écoulement des eaux pluviales.

Il n’y a rien de honteux de faire avec du vieux. Tant qu’on est honnête, il ne faut pas se sentir « dégradé ».Et puis, copier à tout prix les travers de l’Occident en matière vestimentaire rend ridicule. Surtout quand on voit comment leurs « stylistes » transforment les mannequins en pantins sur les catwalks. Recyclons donc notre manière de penser. Et surtout, regardons autour de nous. Il est possible d’être en phase avec la nature de cette île, sans qu’il y ait besoin de tout bétonner. Les Seychelles ont d’ailleurs réussi le pari de ne pas construire à une certaine hauteur sur leurs îles. C’est cela aussi recycler. Soit, savoir être en harmonie avec son environnement. Tout est utilisable, et rien ne se perd !

Qui ne se souvient d’Idriss Aubdoolah, artisan qui vendait ses jouets en bois au Champ de Mars ? Il alla un jour les exposer à Marseille, ayant tapé dans l’œil d’un galériste Français. Il y a aussi Kan Chan Kin, qui recycle des déchets plastiques et les transforme en instruments de musique. Il est passé sur CNN, se trouve présentement aux Etats-Unis, et figure sur la liste des décorés de cette année, au titre de Member of the Star and Key of the Indian Ocean ! Preuve, s’il en est, que l’authentique séduit.

En tout cas, sachez que, selon Google, « la journée du recyclage a été instituée en 1994 aux États-Unis et son objectif principal était alors de promouvoir la consommation de produits fabriqués à partir de matériaux recyclés. Elle est devenue journée mondiale en 2018, plus précisément le 18 mars. C’est une initiative du BIR (Bureau of International Recycling) qui a rapidement été relayée dans le monde entier afin de présenter les enjeux liés au recyclage. »

En France, on retrouve le FEDEREC (la Fédération Professionnelle des Entreprises du Recyclage) pour piloter une grande campagne d’information et de sensibilisation en vue de cette journée. De nombreuses associations se sont jointes au mouvement et mènent de nombreuses actions à l’échelon local. La réflexion actuelle sur le recyclage porte sur un enjeu écologique majeur car la production de nouveaux matériaux, comparativement à la réutilisation de matériaux existants, constitue une économie essentielle sur le plan énergétique et sur celui des rejets.

Portons donc un regard neuf sur les « vieilleries » qui nous entourent. Car, comme les chats, les vieilles choses ont neuf vies. Et peuvent servir à satiété si leurs usages sont constamment renouvelés !

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