July 12, 2024
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Hajj 2022 : Showkutally Soodun s’insurge contre Samad Sairally et Twahair Bhadullah de l’ICC

Depuis des lustres, l’organisation du pèlerinage en Arabie Saoudite donne lieu à des querelles intestines et des controverses et la mise sur pied de l’ICC [Islamic Cultural Centre] n’a jamais pu apaiser la situation. Politisé à outrance, cette instance fonctionne sous le joug d’un ministre musulman. Après le Dr Rashid Beebeejaun entre 2005 et 2014, sous le règne travailliste, c’est le ministre Showkutally Soodhun qui a mené avec brio les discussions avec les saoudiens [avec le MSM au pouvoir]. Avant de laisser Anwar Husnoo monter en première ligne. Showkutally Soodhun étant l’exception au postulat que la politique compliquait les choses.

Dans le sillage des interventions ministérielles, l’absence criante de transparence et le manque de dextérité de la direction de l’ICC est a souligner. D’ailleurs en avril 2019, Le Défi avait publié un article, faisant état d’un rapport dans lequel la gestion du Centre Islamique fut sévèrement critiquée. (Voir hors-texte).

Dans un communiqué émis mercredi, l’ambassadeur en Arabie Saoudite Showkutally Soodun ne cache pas son indignation devant l’initiative du chairman de l’ICC, qui est parti en Arabie Saoudite pour négocier le quota des visas pour Maurice. Accompagné du hajj program officer Twahair Badullah, il n’a pu convaincre le ministère du hajj à accorder un nombre satisfaisant de visas. Seulement 672 mauriciens de foi islamique pourront effectuer le pèlerinage cette année.

Showkutally Soodhun ne ménage pas ses mots et fait comprendre que les négociations équivalent à un gâchis: « L’ambassadeur Showkutally Soodhun a été surpris d›apprendre par la presse que le président de l›ICC Samad Sairally et M. Bhadullah sont partis en mission pendant 7 jours pour négocier le Hajj, qui est entièrement payé par le gouvernement, l’hôtel, les billets d’avion. L’ambassade et moi-même, l’ambassadeur, aurons une réunion officielle demain soir (jeudi soir) avec le ministère du Hajj, la nouvelle organisation Motawafoun Foundation et toute l’équipe, car ils prendront l’entière responsabilité du Hajj 2022. Moi, l’ambassadeur Showkutally Soodhun, je considère que c’est très inapproprié et irrespectueux car ils ont déjà rencontré le directeur du Hajj et ont déjà négocié le quota de visa, alors que de mon côté j’ai invité le président de l’ICC pour la réunion de demain. Ils ont négocié pour un quota de 1500 alors que l’année précédente il était de 2040. Et ils n’ont obtenu que 672 visas. Je considère cela comme très irresponsable. Si demain le président de la CPI n’assiste pas à la réunion, je ne dois pas être blâmé. Ce sera la première et la dernière réunion de l’ICC. »

Dans une interview au journal Star, le 19 août 2021, M. Sairally avait exprimé sa confiance pour une augmentation du nombre de visas pour le prochain hajj (c’est à dire celui de 2022). « …Vu qu’annuellement Maurice dispose d’un quota de 1500 visas pour le hadj, cela nous soulage. Mais puisque deux années de suite il n’y a pas eu de hadj, la liste s’est évidemment allongée. À ce jour, le nombre de personnes enregistrées sur la liste tourne autour de 25 000. Etant donné leur désir ardent de se rendre en Terre sainte, les gens saisissent l’occasion qui leur est donnée d’accomplir l’umrah pour vivre leur religion de manière plus intense que d’habitude. Nous souhaitons que vu la situation à laquelle nous faisons face, les autorités saoudiennes prendront en considération toutes nos requêtes pour une augmentation du nombre de visas pour le prochain hadj. »

Qu’on l’aime ou l’on ne l’aime pas, il faut reconnaitre le pragmatisme de S. Soodhun, qui a toujours réussi à décrocher des autorités saoudiennes un quota exemplaire, dépassant en certaines occasions le chiffre attendu. Se révélant comme l’homme à tout faire et celui de la situation, l’ambassadeur a réalisé ce dont les autres n’ont pu. Infatigable et fonceur, il a accompli des missions fructueuses au prix de sa santé. Un sens de sacrifice et un flair de relations publiques qu’il convient de saluer.

Il a raison, selon nous, de stigmatiser l’amateurisme et l’inexpérience du chairman de l’ICC.

Islamic Cultural Centre : La gestion et l’administration pointées du doigt dans un rapport en 2019

Dans un rapport d’une trentaine de pages, rédigé par le ministère des Finances, la gestion et l’administration de l’Islamic Cultural Centre (ICC) sont pointées du doigt. Ce rapport (Internal Control Report), qui couvre la période de janvier 2016 à février 2018, met en lumière plusieurs failles dans la gestion, l’administration ainsi que les finances de l’ICC. Le ministère des Finances recommande à ce que l’organisation du pèlerinage à La Mecque change de main.

Selon les conclusions du rapport, le Hadj Program Officer aurait enfreint plusieurs articles de la Prevention of Corruption Act (Poca), notamment les articles 7, 11 et 13. Le rapport indique aussi que de fortes sommes d’argent demeurent introuvables dans les caisses de l’ICC. Plusieurs entrées d’argent à hauteur de Rs 1 million n’ont pas été enregistrées dans le livre.

Selon le rapport, le Hadj Program Officer n’a aussi pas pu fournir des explications sur des dépenses à hauteur de Rs 1 million. Il aurait également organisé un déjeuner d’affaires en utilisant les facilités du gouvernement. L’officier n’a jusqu’ici reçu qu’un avertissement du « board ».

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