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Le MTC et sa filiale la MTC Sports and Leisure Ltd auraient fait une transition en douceur en 2021, car il y avait une synergie entre l’État et les dirigeants de l’organisateur des courses. Mais tel un phénix qui renaît de ses cendres, il est arrivé et a tout foutu en l’air. Lui, c’est Jean Michel Giraud. Son parcours aurait probablement inspiré Charlie Chaplin dans une nouvelle version du film Le Dictateur. Celui, qu’on croyait allait disparaître de notre Champ de courses au soir du 9 mars 2014, après une défaite humiliante lors des élections des Commissaires administratifs face au tandem Alain Noel et Donald Payen, est revenu en mars 2021 et moins de 15 mois après, il a tout détruit dans ce qui allait représenter l’Avenir.

Jean Michel Giraud est revenu avec une politique revancharde. Dès les premiers moments après sa élection et sa nomination comme Président du MTC pour la 7e fois le 6 mars 2021, il déclare la guerre. « Il semblerait que le turf club a perdu un certain nombre prérogative. On est d’accord de jouer le jeu avec le GRA, mais nous ne sommes pas d’accord de perdre nos prérogatives qui sont celles de l’autorité hippique à Maurice. »

Le personnage n’a pas changé au fil du temps. Il n’a jamais mûri comme bon nombre de sa génération. Se battre contre tout le monde, c’est dans sa gêne. De Benoit Halbwachs, en passant par Paul Foo Kune, Gavin Glover, Gilbert Merven, Stellio Antonio, Ramapatee Gujadhur, Bud Gujadhur, Michel Lee Shim au sein de l’industrie hippique, contre Aktar Toorawa dans le tennis, contre Philippe Hao Thyn Voon au sein du CNOM, contre les directeurs de la MTCSL, Denis de Speville, Kamal Tapooseea, Jérôme Tuckmansingh. Le dernier à subir de ses caprices et excès de gèle est le CEO de la MTCSL, Jérôme Pilot, qu’il a lui même recruté et parachuté à ce poste le 6 avril 2022.

Nous n’inventons rien.Pour la jeune génération, qui ne connaît pratiquement rien de Jean Michel Giraud et qui le suit aveuglement, nous les invitons à prendre connaissance de ces faits qui ont marqué le parcours de cet homme, qui en s’isolant sur un îlot à Maurice, s’est retrouvé déconnecté du temps.

Septembre 1997 : Il s’engage dans un bras de fer contre le SG du MTC

Le Mauritius Turf Club s’est retrouvé plongé dans une crise en septembre 1997. Le président d’alors, Jean Michel Giraud, ne voulant pas vexer son ancien entraîneur Philippe Henry, membre du board des Stipe, s’en va en guerre contre le General Manager Benoit Halbwachs. À l’origine de ce bras de fer, l’entrée du cheval Carls Warrior de l’écurie Epsom dans la première course. Opposé à la présence du cheval sur le programme, Philippe Henry avait démissionné. Jean Michel Giraud, au lieu de calmer le jeu, ne se présente pas aux courses et menace de démissionner si Benoit Halbwachs reste à son poste. Pourtant, le Stipe australien Thomas Carlton, avait trouvé injuste que Benoit Halbwachs soit pointé du doigt.

2002 – L’affaire Main Beauty-Eric Chelin – Paul Foo Kune

En 2002, le duo Jean Michel Giraud- Shan Ip, alors rédacteur sportif de Week-end, fait tomber le bookmaker, Paul Foo Kune. Ce dernier, après une enquête initiée à la demande de Jean Michel Giraud, suite à des revela- tions du jockey Eric Chelin, qui est revenu monter pour Philippe Henry.

Eric Chelin dit avoir fait un arrangement monétaire pour faire perdre Main Beauty, ex-pensionnaire de l’écurie Serge Henry. Jean Michel Giraud et ses amis de la rue St Georges avaient tout fait pour faire arrêter Paul Foo Kune, mais ce dernier avec le soutien de Jean Michel Lee Shim dans cette bataille face à l’oligarchie du MTC. On avait même maquillé une visite de Paul Foo Kune dans les locaux du journal Le Mauricien en “menaces” à l’époque. Il avait beaucoup comploté avec Daniel Monvoisin, responsable de la Brigade des Jeux pour avoir la peau de Paul Foo Kune. Son board des stipes avait banni le bookmaker pour une période de 5 ans.

Ce même Jean Michel Giraud rencontrera par la suite Paul Foo Kune dans son bureau à Trianon, quelques jours avant que ce dernier obtienne sa licence pour une écurie en mars 2011.

Octobre 2004 – Accès interdit à un journaliste et une claque en Cour

En vrai dictateur et allergie aux critiques, Jean Michel Giraud est connu dans l’histoire du MTC comme celui qui s’est battu contre les journalistes qui ne partagent pas sa tasse de thé. Stellio Antonio s’était vu priver de ses droits comme journaliste hippique avec une interdiction d’assister à des enquêtes. M. Giraud et ses amis du Board n’étaient pas d’accord avec le compte rendu sur l’appel du jockey Naiko. Giraud avait trouvé l’article dérangeant.

À l’époque, les journalistes du Défi-Plus s’étaient également vu refuser l’accès au Champ de Mars. Contestant cette décision en Cour, Stellio Antonio avait obtenu gain de cause et le ruling se lisait comme suit: (2005 SCJ 51 ANTONIO J P S v MAURITIUS TURF CLUB ).

“True it is that the MTC is a private entity, but this type of entity has characteristics of its own. It is a private club which would not have its raison d’être without the participation of the public. It therefore appears to be a quasi-public institution since it engages in a public activity. In fact, it cannot operate and function without having the public as a stakeholder, those members of the public, especially, who are prepared to risk their money on the outcome or result of a race. As such, the respondent is answerable for any matter which interests this very public, such as the proper organization of the races. Consequently, the public has a legitimate interest and right to know on the horse racing activity of which the respondent has the monopoly and the press has a duty to inform the public objectively and responsibly, while being mindful of its duty of care.”

Septembre 2003 : Affaire Don Correro

En septembre 2003, Bud Gujadhur, alors entraîneur de l’écurie Fok, et le public désapprouvent le choix des commissaires de permettre à Glenn Hatt de piloter le coursier Don Correro, entraîné par Philippe Henry, l’ami de Jean Michel Giraud. C’était lors d’une journée de la Maiden Cup.

Ils ont osé le descendre

15 avril 2006 – Rico de Chasteigner du Mée n’avait pas ménagé Giraud

Le journal Week-end du 16 avril 2006 avait rapporté à l’époque que le doyen des présidents du MTC, Rico de Chasteigner du Mée, avait fait une sortie en règle contre Giraud lors du dîner annuel des anciens présidents.

Rico du Mée n’avait pas caché sa grande colère et sa déception quant à la manière de faire de Jean Michel Giraud …et a fait remarquer qu’il faut ‘être diplomate et respectueux envers l’Etat”.

Il lui avait également rappelé qu’il est le responsable de la perte de Rs 3 millions dans le fameux projet de Trianon.

Dans le domaine sportif : Mars à juin 2009 – Giraud en guerre contre Aktar Toowara

Ces deux hommes étaient de bons amis jusqu’au jour où Aktar Toorawa, membre de la Confédération Africaine de tennis, devenu président de la Fédération Mauricienne de Tennis, lui dit qu’il mettre un terme au contrat liant Ace Tennis, un club privé, à la Fédération. L’objectif était de démocratiser les activités à Petit Camp et de suivre la mouvance de la régionalisation. Le contrat signé par Giraud (président de 2002 à 2009) cédait toutes les facilités de Petit Camp à Ace Tennis et la Fédération doit chercher des autorisations pour pouvoir l’utiliser pour abriter des tournois continentales.

Pas content, Jean Michel Giraud s’en va en guerre contre celui qui lui avait succédé à la tête de la FMT.

Du coup, avec ses lieutenants de la rue St Georges, il va tout faire pour déboulonner Toorawa. Pour y arriver à ses fins, Giraud et ses amis, Denis Lincoln (secrétaire général), Edley Michaud (assistant secrétaire), Hugues Charoux (Assistant trésorier) et Véronique de Spéville (membre) avaient tous démissionnés. Les dissidents ont été suivis par d’autres membres après, forçant Toorawa à demander au ministre de la Jeunesse et des Sports d’instituer un caretaker committee.

En décembre 2009, Giraud reviendra à la présidence, mais c’était contraire à la Sports Act. Toorawa va lui rendre la monnaie de sa pièce, allant jusqu’à contester la position qu’occupe Giraud au sein de la FMT. Tant et si bien que Jean Michel Giraud sera forcé de laisser sa place, évitant ainsi une défaite en Cour.

Avril 2009 – Giraud s’attaque aux dirigeants du CNOM et n’est même pas élu

En avril 2009, Giraud vise la présidence du Comité Olympique. Pour essayer d’amadouer les autres dirigeants sportifs, il dira que ceci: “Nous avons constaté plusieurs faux pas de la part de certains dirigeants du CNOM dont le manque de communication, de transparence et de compétences. Je propose d’apporter de la bonne gouvernance. Le CNOM doit devenir un exemple de bonne gouvernance pour inciter les fédérations à en faire de même …”. Il exige aussi une révision de la Sports Act.

Il s’attaque continuellement à Philippe Hao Thyn Voon durant la campagne avec le soutien de ses amis de la rue St Georges, ses véritables conseillers.

Résultats, Jean Michel Giraud ne sera même pas élu au sein du comité directeur de CNOM. On se souvient par la suite de cette guerre interminable entre le CNOM et la Fédération de Tennis, avec des injonctions en Cour, tant et si bien que le Comité International Olympique avait du envoyer un émissaire à Maurice pour stopper l’hémorragie.

Notons que Giraud a graduellement pris ses distances du tennis…étrangement après la retraite de sa fille Marine Giraud.

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