May 17, 2022
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Opinion

Tourisme : des perspectives encourageantes

L’heure est à l’optimisme dans le secteur du tourisme. Air Mauritius qui sert de baromètre pour l’hôtellerie affiche une occupation de 50% sur ses vols vers Maurice. Et en conséquence l’hôtellerie voit son taux d’occupation prendre une pente ascendante. Il s’agit là d’un très bon signe, car au même moment où les grands groupes hôteliers intensifient leurs campagnes promotionnelles dans nos principaux marchés, ce sont les étrangers eux-mêmes qui se chargent de faire la pub de notre destination.

L’attraction du touriste pour la destination mauricienne, de l’accueil qui lui y est réservé, de l’état de notre environnement de même que les prix des denrées et services dans l’île sont autant de facteurs qu’il retiendra pour en parler à ses amis. Aussi, c’est la raison pour laquelle les hôtels, leurs personnels et des services ne suffiront pas pour convaincre les touristes à jouer aux ambassadeurs de la destination Maurice. Vendre la destination mauricienne, c’est aussi vendre un ensemble d’offres qui fera que le voyageur préférera l’île Maurice à d’autres destina- tions. Si, comme le souhaitent le ministre Obeegadoo et les opérateurs dans l’industrie du tourisme, il est possible de viser le chiffre de 1 million de visiteurs cette année, il faudra aussi leur offrir l’image d’un pays qui a su montrer de la résilience face au double impact de la pandémie et des conséquences du conflit en Ukraine, mais aussi celle d’un pays qui a su s’adapter aux nouveaux défis nés de cette double tragédie. L’enjeu dans l

L’enjeu dans le secteur du tourisme

Cet effort est déterminant, car l’enjeu dans le secteur du tourisme est grand : il s’agit de remettre sur les rails un secteur qui pourvoit de l’emploi direct et indirect à quelque 100 000 personnes. Et parmi les étrangers qui séjournent à Maurice, on retrouve aussi des hommes d’affaires influents. Il s’agit là d’un profil intéressant à analyser pour déterminer sa composition. Les uns et les autres, issus d’Europe et d’Asie, vont sans aucun doute se pencher sur l’état de l’île Maurice et vérifier si notre pays et sa population ont maintenu la qualité du service. Un des points clé qui figurent parmi les critères des voyageurs pour visiter un pays est le niveau de sécurité et de stabilité qui y prévaut. Si on peut faire confiance aux hôteliers pour assurer un service de haut niveau dans leurs établissements respectifs, il faut néanmoins exiger des autorités publiques qu’elles fassent leur part du boulot. Celui-ci consiste en une surveillance rigoureuse des rues de l’île, au-delà des localités balnéaires.

Cartographie sociale

Les opérateurs du tourisme connaissent bien la cartographie sociale de l’île Maurice, là où sans doute, ils n’encouragent pas les touristes à s’aventurer. Pourtant, nous ne sommes pas en Afrique du Sud, où certaines localités sont déconseillées aux étrangers en raison de la criminalité qui y prévaut. Il faut absolument éviter qu’une telle situation arrive à Maurice, car en raison de l’étroitesse de notre pays, elle peut laisser à penser que l’insécurité peut être à la proximité des localités balnéaires. Une telle situation amènerait aussi les touristes à se cloitrer dans leurs chambres. Aussi, il appartient aux autorités de tout mettre en place pour ne pas favoriser la petite délinquance, surtout en cette période où la régression économique a davantage fragilisé les couches les plus vulnérables de notre société. Les récentes nuits d’agitation ne sont pas de nature à consolider l’image de Maurice comme destination très sécurisée. Et pire, la découverte d’arme et d’explosifs chez un individu qui a avoué vouloir commettre des attentats, est à prendre très au sérieux, d’autant que le trafic de drogue est au centre de cette découverte.

Attentes

Dans d’autres domaines, il est important que les services soient à la hauteur des attentes d’une clientèle étrangère déjà familiarisée dans son pays aux technologies de pointe. On sait désormais que les réseaux sociaux permettent aux clients d’un hôtel de noter l’établissement en temps réel. Mais, aujourd’hui, c’est tout le pays d’accueil qui est noté ! Au marché, dans un taxi ou autobus, dans la rue ou dans une boutique, le touriste, muni de son smartphone, envoie le moindre détail à son agence de voyage ou à ses amis et parents. Le service dans une banque est-il lent ou l’accueil exécrable, voilà que le touriste les poste sur les réseaux sociaux, à la portée de tout le monde. Mieux, ou pire, il indique même le nom de la banque et l’endroit où elle se trouve. Bonjour les dégâts !

A l’heure d’une concurrence féroce entre destinations touristiques de proximité, ce sont ces détails qui font la différence, sans oublier les prix pratiqués dans les commerces, où la tendance fut, à un moment, de plumer l’étranger jusqu’à ses derniers sous ! Le ministre du Tourisme, s’il veut se montrer cohérent, doit veiller à ce que ces entorses ne se produisent plus. Quant à l’état de nos routes et des trottoirs, la salubrité de nos villes et villages, des terrains abandonnés, il faudrait souhaiter le grand réveil de la part de nos collectivités locales…