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Reza écrit entre autres : « Mon départ n’est certainement pas une perte pour le parti, c’est peut-être même un Non-event. Je tiens quand même à préciser que j’ai toujours été loyal même si parfois mes prises de position ont été dérangeantes. Candidat malgré tout à Stanley/Rose-Hill en 2010, souvent mis à l’écart, je suis resté stoïquement au 19 pendant 9 ans » Esseulé, voire abandonné, notre CLP, en dépit des guéguerres relevant plutôt d’un problème d’égo et de puérilité qu’autre chose, a tenu bon. 
 
Et, il évoque ses vertus en politique : « J’ai toujours tenu un langage de vérité en politique; mon incorruptibilité est incontestable; mon intégrité, intacte. J’ai été transparent. Et je ne fais partie d’aucun clan. Comme conseiller municipal, lord-maire et parlementaire, j’ai honoré mes engagements. »

Jeudi, dans les mêmes colonnes de l’Express, R. Issack s’exprime davantage dans une tribune dans laquelle il exhorte les Mauriciens à « voter pour la moralité ». En voici des extraits :
« … la politique n’est plus ce qu’elle fut. Sa toxicité devient de plus en plus inquiétante. Où sont les tribuns ? Qui défend quoi ? De quelles idéologies sont pétris nos politiciens ? Est-ce qu’on se bat pour des idées, un programme, un projet de société, des valeurs ou patauge-t-on dans la fange de la haine et de la vengeance ? Pourquoi adore-t-on aujourd’hui ce qu’on a brûlé en décembre 2014 ? Le démon d’hier est-il devenu ange maintenant ? Tout ce qui compte finalement c’est le pouvoir… »
« …Jamais la politique n’a atteint un tel niveau de bassesse chez nous. La campagne électorale s’annonce impitoyable. Attaque personnelle avilissante, déshabillage de la vie privée, lynchage médiatique, dénigrement des femmes, fausseté, espionnage, violence… tels seront les ingrédients d’une campagne qui s’annonce déjà féroce sur les réseaux sociaux où la déification des chefs a également démarré. Quid des aspirations de nos jeunes ? Que veulent-ils ? Au lieu de les contaminer, songeons à cristalliser leurs rêves. Ils souhaitent avoir du travail, décloisonner la société mauricienne, prolonger la ferveur nationaliste manifestée durant les Jeux des îles, créer des opportunités dans tous les secteurs, avoir des chances égales en ce qu’il s’agit des recrutements et promotions… Leurs voix comptent, tout comme leurs votes ! Il faut leur faire de la place… »

Dans une conversation que nous avons eue avec Reza Issack le 8 octobre vers midi, il est allé plus loin dans les nombreuses raisons qui l’ont motivé à se séparer de Navin Ramgoolam. L’ouverture d’une ambassade en Arabie Saoudite, promise par Navin Ramgoolam lors d’un rassemblement à Plaine-Verte, trois jours après le Nomination day, dans le cadre des élections de 2010 et qui ne s’est pas matérialisée, turlupinait Reza depuis un bon moment, surtout depuis qu’il avait demandé des précisions à un ancien ministre travailliste. Dans le secret des tractations pour l’ouverture de cette chancellerie, ce dernier devait se confier à Reza. « Le dossier fin prêt fut présenté au PM, mais d’un revers de main il me fit comprendre que ce n’était pas une priorité et qu’on n’allait pas ouvrir cette ambassade ». Il aurait lâché : « pa pou ouver sa ».

Le second cas qui énerve toujours l’ancien PPS concerne les agitations qui marquèrent l’affaire de diffusion de l’appel à la prière, par haut-parleur. Cela a trait aux instructions qu’aurait données le boss au commissaire de police, R. Gopalsingh. S’il fallait matraquer les manifestants pour les décourager à poursuivre leurs protestations, il n’y avait qu’à franchir ce pas ; il ne fallait pas hésiter. M. Gopalsingh était un excellent commissaire de police, considéré par beaucoup comme le meilleur que Maurice ait connu et n’acceptait jamais de subir des remontrances ou de faire la courbette.

Il y a cette anecdote, qui fait état de sa rencontre avec NR un jour. Le PM l’aurait rabroué ; alors que rien ne lui était imputable. Il n’accepta pas d’être mis au pas et surtout qu’il n’avait pas le moindre tort. Il aurait déposé un fichier contenant des informations confidentielles (lesquelles étaient la source de la discorde) sur la table de Navin Ramgoolam et lui aurait lancé: « On ne me parle pas sur ce ton, je vous laisse le dossier. Je quitte mon poste ». D’autres manigances et tromperies écœurent notre homme, mais ces deux cas suffisent pour le convaincre à quel point ce leader est en déphasage entre ce qu’il dit et ce qu’il accomplit.

Pour avoir côtoyé Reza pendant plus de 25 ans, nous n’avons aucun doute sur les motivations qui le guident. Son renom dépasse le cadre politique, puisqu’il a été un excellent enseignant et aussi un journaliste et dont la plume était tantôt trempée dans du vitriol et tantôt empreinte de diplomatie. Comme on doit le savoir, « a journalist never retires » et à ce titre R. Issack revient promptement à son noble métier. C’est tout à son honneur.

Le fils de Reza, Ziyad avait, en quelque sorte, commencé à emboîter le pas à son père, en devenant l’attaché de presse de l’ancien ministre Abu Kasenally. Un jeune discret et élégant, mais efficace et il aurait bien pu entrer dans l’arène politique. Reza n’a jamais négocié quoi que ce soit en ce sens, mais nous sommes aussi bien placé pour écrire que, tout comme le fils de J.B David, Fabrice, l’autre fiston aurait facilement fait une très bonne relève.

Nous avons élaboré sur ce point, pour vous montrer le décalage de Navin Ramgoolam dans ses façons de considérer les affiliations ethniques qui le soutiennent depuis 2000. En haut, un large sourire et des mots mielleux et en bas peu de considération pour cette communauté. Combien de temps encore, Navin Ramgoolam continuera-t-il à raconter des mensonges … et être cru, quand ce qu’il dit et promet n’est que mensonge ? C’est ça qu’on appelle « à beau mentir qui vient de loin et des poussières ».

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