May 20, 2024
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Maintien des prix des carburants : Tollé général dans le pays

Comme il fallait s’y attendre le maintien du prix de l’essence et du diesel à leur niveau de 2022 a soulevé un tollé général. La colère gronde de partout et il semble bien que le gouvernement aura du mal à contenir la grogne des consommateurs tant l’exaspération et à son comble au sein de la population. Ce sentiment de colère peut se comprendre tant les attentes d’une baisse des prix étaient grandes. Les réactions, toutes négatives, se sont enchaînées dès l’annonce de la décision du Petroleum Pricing Committee dans la journée de jeudi.

Les cris de colère viennent de différents secteurs. D’abord les propriétaires de voitures, y compris les chauffeurs de taxi, et les motocyclistes mais aussi les propriétaires des vans de ramassage scolaire, les propriétaires de camions, les entreprises de distribution de produits alimentaires et l’association des opérateurs de station-service qui se plaignent que leurs chiffres d’affaires en font les frais du fait que la clientèle a diminué en raison du prix élevé de l’essence et du diesel.

Hormis cette liste de personnes, qui sont les premiers concernés, beaucoup de Mauriciens, qui ne possèdent ni voiture ni motocyclette, se disent choqués par cette décision ayant cru que le gouvernement reviendrait à de meilleurs sentiments après la vague de sympathie qu’avait suscitée la grève de la faim de Nishal Joyram au mois de décembre. Les Mauriciens ont l’irritation facile dès qu’il s’agit d’augmentation de prix d’autant que leur pouvoir d’achat sera davantage rogné avec la hausse des tarifs d’électricité à partir du mois prochain. Une hausse qui se répercutera inévitablement sur le prix de plusieurs produits alimentaires dont les produits frigorifiés et les boissons gazeuses, entre autres.

Les explications du General Manager de la State Trading Corporation passent mal. D’ailleurs, le Parti Travailliste, dont il était proche jusqu’en 2014, réclame sa démission. Vu l’ampleur du mécontentement, il y a fort à parier que sa tête sera également mise à prix par d’autres organisations de la société civile. L’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) ainsi que Nishal Joyram annoncent, pour leur part, des actions concertées de la société civile pour forcer la main au gouvernement. Certains évoquent même un vaste mouvement de désobéissance civile dans les semaines qui viennent. Linion Pep Morisien de Rama Valayden prévoient de recourir à la Cour suprême pour contester la décision du Petroleum Pricing Committee. Il va sans dire que toutes ces actions seront soutenues par les partis d’opposition toutes sensibilités confondues. Autant dire que des actions de protestation sont à prévoir sur tous les fronts.

La situation, plus ou moins explosive, qui s’annonce sur le plan social est le résultat du long mutisme de la STC et du gouvernement qui n’ont rien entrepris, durant tout le temps qu’a duré la grève de la faim de Nishal Joyram, pour tenter d’expliquer le mécanisme et le mode opératoire mis en place pour l’achat et la vente des carburants afin d’atténuer, un tant soit peu, le mécontentement de la population et de tenter de calmer les attentes des propriétaires de véhicules.

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