October 7, 2022
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Opinion

NE CÉDEZ PAS À LA PANIQUE

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Ce que tout le monde redoutait terriblement s’est produit. Les premiers cas positifs de COVID-19 ont été enregistrés et déjà c’est un vent de panique qui souffle sur Maurice. Les supermarchés pris d’assaut depuis jeudi matin, dans une inconscience sans pareille, témoigne de l’état d’esprit fébrile de la population. Nous voulions croire que cette pandémie mondiale nous épargnerait, que l’argent l’empêcherait de se répandre dans le monde. Mais le COVID 19, petit nom du virus, est désormais aussi notre affaire, notre virus. Alors que l’épidémie régresse en Chine, qui a pris des mesures de confinement sans communes mesures avec celles qui sont aujourd’hui imposées aux Italiens et aux Français, elle s’étend chez nous. Ne pas paniquer ! Se protéger par une stricte hygiène mais continuer à vivre ! Tel est le mot d’ordre de santé publique qui devrait, selon nous, guider les pouvoirs publics, les dirigeants d’entreprises et les citoyens face à l’épidémie du coronavirus. Soudain, l’insouciance fait place au désarroi. Oui, le Coronavirus fait peur, mais il ne faut pas le montrer. En même temps, les Mauriciens se précipitent dans les supermarchés pour s’approvisionner, les pharmacies pour acheter des masques et des lotions hydro-alcooliques, et commencent à déserter les restaurants. À mesure que l’épidémie tisse sa toile, que les foyers d’infection se multiplient, que le ratio entre le nombre de contaminés et le nombre de cas très sérieux s’imprègne dans nos esprits, s’installe l’idée que le Coronavirus pourrait être un fléau, qu’il peut nous frapper, nous et nos proches, mais aussi que notre propre emploi pourrait être menacé, et avec lui, notre situation économique et sociale, celle dont nous nous plaignons pourtant sans cesse. Les Mauriciens réfléchissent déjà à quoi faut-il se préparer, avec lìmposition du confinement ?

À la fermeture des transports en commun, un pays entier isolé, des hôpitaux saturés…? Déjà ils sont soumis à des entrées filtrées au supermarché et leurs enfants à des écoles fermées. Tiens, ces scénarii génèrent une peur comme jamais le peuple n’a ressenti auparavant. Si pénible soit-il de l’admettre et de l’appliquer, la principale méthode pour limiter la propagation de la maladie est d’éviter les contacts entre humains, de mettre en quarantaine ceux qui étaient atteints pendant quinze jours et de se soumettre à un régime sanitaire exceptionnel. Il faudra se rendre à l’évidence : des mesures drastiques sont mises en place et d’autres encore plus sévères le seront par le gouvernement et vraiment cela ne fait pas plaisir au Premier ministre de les introduire. Mais, l’intérêt de la population prime sur toute autre considération. S’il faut saluer les mérites de Pravind Jugnauth de procéder au jour le jour, avec à propos, nous nous demandons si le peuple saurait-il être un peuple courageux, solidaire et responsable ? Pourrions-nous tous être assez forts mentalement pour ne pas céder à la panique ? L’inquiétude et la prudence sont salutaires, au contraire de la panique qui fait toujours prendre les mauvaises décisions. Mais on ne saurait surmonter la peur par la bêtise, l’impatience, l’empressement, la démagogie ou la négation. Nous avons un terrible challenge à relever. La solidarité, ce n’est pas l’addition des égoïsmes, tout comme la prudence n’est pas l’amalgame des peurs. Quoiqu’il puisse être son impact, la réponse à la pandémie ne doit pas être la panique, mais un dispositif structuré de prévention et de prise en charge rapide et efficace. Les annulations et le confinement, outre qu’ils vont augmenter la peur à la peur, occasionnent des pertes pour l’économie et à terme feront monter la courbe du chômage. Nous n’avons pas de milliards à investir… À situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Nous sommes des êtres humains dotés d’intelligence, d’initiatives et de solidarité collective et faisant preuve de responsabilités individuelles. Nous devrions établir un cadre qui nous permette de donner une réponse efficace. Il est vital de juguler cette crise. La prévention : elle constitue notre meilleure arme, c’est une responsabilité individuelle mais avant tout étatique.

Le gouvernement nous guide déjà, nous oriente, nous sert de boussole. La cellule d’urgence du gouvernement identifie des repères dans ses échanges avec la population. Le savoir, seul garant de la vérité, doit primer sur le «favoritisme »; les experts disponibles sur place doivent être mis à profit. Seuls les faits avérés doivent être divulgués, pour renforcer la confiance en nos institutions et connaître le succès dans cette lutte. La transparence : c’est un autre principe éthique qui invitera la perte d’une certaine pudeur générale en rapport avec la vie privée. Il faut changer d’attitude et se repositionner, par rapport à la protection civile. Les cas d’infection doivent être déclarés et ce que fait justement le Premier Ministre, les mises en quarantaine respectées ; ceci pour tous les malades. Toutefois, la stigmatisation doit être évitée et combattue, car si nous sommes hostiles et menaçants envers les victimes, il est évident que la maladie sera cachée par la famille.

Nous en subirons les conséquences de notre agressivité mal contenue et alimentée par nos peurs et notre ignorance. Souhaitons que la crise actuelle permette de refonder nos rapports à l’autre. La planète se mobilise et se protège. Chaque cas est un cas de trop. Nous devons agir vite, et protéger l’autre, c’est se protéger soi-même. Tous ensembles contre cet ennemi mortel !

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