August 8, 2022
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Politique

Reform Party : Du rêve à la réalité

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Ainsi le Reform Party a décidé de se présenter seul aux prochaines élections législatives et son leader se voit propulser dans le rôle de «Prime minister in the making». Un rôle que Roshi Badhain aura du mal à assumer pour plusieurs raisons. Il suffit de suivre son parcours politique pour s’en convaincre. En premier lieu, il convient de s’interroger sur la capacité d’analyse des délégués de ce parti pour qu’ils soient arrivés à une telle décision. Il faut croire qu’ils en sont dénués pour choisir, à 77,5%, de faire cavalier seul aux prochaines élections et de penser que leur leader pourrait être le Premier ministre de ce pays.

Elu pour la première fois aux élections de décembre 2014 à Belle Rose/Quatre Bornes, il se classe en deuxième position avec 53,4% des voix. Après sa démission avec fracas du MSM, il se présente de nouveau dans la même circonscription à l’élection partielle du 17 décembre 2017. Il se retrouve en troisième position avec seulement 12,8%, de voix en se faisant même devancer par Nita Juddoo, une illustre inconnue. Aux dernières élections générales, il choisit de se présenter dans la circonscription No 20, à Beau Bassin/Petite Rivière mais il est battu. Récoltant 21,6% des voix exprimés et une piteuse huitième place. Depuis la formation de son parti en prévision de l’élection partielle de 2017, Roshi Badhain se croit promis à un destin national et pense pouvoir rivaliser avec les leaders des partis politiques traditionnels.

Hormis Petite Rivière où le Reform Party a remporté cinq des neuf sièges aux dernières élections villageoises, on peut légitimement se demander quelle est l’implantation de son parti ailleurs. D’autant qu’à Albion, village où il réside, son parti n’a pu faire élire que trois conseillers. Imaginons ce que représentent Roshi Badhain et son parti dans des localités comme Plaine Verte, Ste Croix et Floréal ou encore dans des villages comme Triolet, Centre de Flacq et Rivière des Anguilles. Ses candidats risquent fort de perdre leur caution dans les circonscriptions de ces régions en cas d’élections générales.

Il ne faut quand même pas prendre ses rêves pour la réalité. Roshi Badhain devrait revoir ses ambitions et se souvenir de ce qu’il est advenu aux dissidents des partis traditionnels qui ont créé leur propre formation politique. Qu’il s’agisse de l’UDM dans les années 70, du MMMSP de Dev Virahsawmy, du RMM de Nababsingh, de L’Estrac et consorts ou encore du MMSM de Madun Dulloo. Jamais dans l’histoire politique du pays a-t-on vu des dissidents et leurs partis faire long feu.

Le mieux à faire pour le leader du Reform Party, c’est de dissoudre son parti et de se joindre à une des formations «mainstream». Encore qu’il n’est pas certain qu’il sera accueilli à bras ouverts par tous les membres de l’alliance de l’Espoir sans compter qu’il est abhorré par certains au Parti Travailliste qui lui tiennent toujours rigueur pour son implication dans l’affaire Dufry qui a contribué à terrasser leur leader au lendemain des élections de 2014.

Nando Bodha et son groupuscule Rassemblement Mauricien devrait en faire autant s’il souhaite occuper une place importante sur l’échiquier politique. On nous promet une redistribution des cartes au sein de l’opposition dans les jours à venir. Attendons voir. Quoi qu’il en soit, Roshi Badhain devrait apprendre qu’il ne suffit pas de bomber le torse et de faire la une des journaux pour jouer un rôle prépondérant sur la scène politique et surtout pour durer. Cela demande des années de travail pour avoir des assises et une implantation nationales. Mais nous le savons : l’humilité en politique est une denrée rare.

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