July 24, 2024
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Opinion

Regardons au-delà de l’horizon !

« Il faut plus d’ambition à tous les niveaux pour répondre à la situation désastreuse de l’océan. La perte de biodiversité, la santé déclinante de l’océan et l’évolution de la crise climatique ont tous une même raison d’être – le comportement humain et notre addiction au pétrole et au gaz – et tous doivent être traités ».

Ainsi s’exprimaient, au début de ce mois, 7000 responsables politiques, experts et militants écologiques, qui participaient à une conférence des Nations Unies, qui s’était tenue à Lisbonne, avant les ultimes négociations qui sont prévues en août sur la gouvernance de la haute mer.

L’Etat mauricien avait-il délégué un représentant à cet atelier de travail ? A notre connaissance, non. Et pourtant, Peter Thomson, envoyé spécial des Nations unies pour l’océan, dans une déclaration au journaliste Thomas Cabral de l’Agence France Presse, est catégorique : « La préservation des océans exige plus d’ambition de la part des dirigeants de la planète. »

Nous n’avons aucune raison de ne pas le croire. D’autant plus le changement climatique est considérée comme une menace sérieuse. Et si les Maldives en seront les premières victimes, avec la montée inévitable des eaux,il n’en reste pas moins qu’étant également une île, nous ne devons pas rester les bras croisés.

Selon Tiago Pitta e Cunha, patron de la fondation portugaise Oceano Azul, « la pression a beaucoup augmenté pour les pays moins intéressés dans la création d’un mécanisme de protection effective de la haute mer ».

« Si les paroles pouvaient sauver les océans, ils ne seraient pas au bord de la rupture. Donc, quand les gouvernements se réuniront en août aux Nations unies, ils devront vraiment conclure un traité fort sur les océans », a commenté Laura Meller, de l’ONG écologiste Greenpeace.

Les Nations unies rappellent que « les mers, qui recouvrent plus des deux tiers de la surface de la planète, génèrent la moitié de l’oxygène que nous respirons et jouent un rôle clé pour la vie sur Terre en mitigeant les impacts du changement climatique. Mais le coût en est considérable. En absorbant environ un quart de la pollution au CO2, alors même que les émissions ont augmenté de 50% au cours des 60 dernières années, la mer est devenue plus acide, déstabilisant les chaînes alimentaires aquatiques et réduisant sa capacité à capter toujours plus de gaz carbonique. »

Ce qui fait que le rassemblement de Lisbonne, s’il était un genre de « teaser », n’est rien à ce qui se décidera à la fin de cette année. Où des décisions concrètes doivent être prises. A l’intention du ministre de l’Environnement, Kavy Ramano, »la première échéance arrivera en août avec de nouvelles discussions à New York sur un traité sur la protection de la biodiversité en haute mer, c’est-à-dire au-delà des zones de juridiction nationales. » L’île Maurice sera-t-elle présente ? En tout cas, le représentant spécial des Nations Unies s’est dit “très confiant” dans la capacité de la communauté internationale à boucler un accord “à la fois robuste et applicable” à ce Sommet de New-York.

On le voit, l’ONU s’active, et prévoit une nouvelle conférence mondiale sur le climat COP27 prévue en novembre en Égypte, suivie en décembre par la très attendue conférence des Nations unies sur la biodiversité COP15, qui se déroulera au Canada sous présidence chinoise.

Alors que moins de 10% des océans du monde sont actuellement protégés, cent pays (en faisons-nous partie ?) ont rejoint une coalition préconisant de réserver 30% de la surface terrestre et océanique de la planète à des zones protégées d’ici à 2030, potentielle mesure phare de la réunion de Montréal.

Les discussions à Lisbonne ont également porté sur le problème de la surpêche, une semaine après les premiers pas faits la semaine dernière par l’Organisation mondiale du commerce en vue d’une interdiction partielle des subventions versées au secteur.

Et, alors que les océans contiendront vers 2050 autant de plastique que de poissons si les tendances actuelles ne sont pas inversées, ce type de pollution a été un autre sujet central.

Le thème de l’exploitation minière des grands fonds marins a lui aussi été mis sur la table, notamment par la voix de petits États insulaires du Pacifique et des parlementaires d’une trentaine de pays qui ont lancé un appel en faveur d’un moratoire sur cette activité.

Malgré « l’état d’urgence des océans” déclaré par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, tous ces problèmes risquent de rester à l’ordre du jour lors de la prochaine conférence du genre, que le président français Emmanuel Macron a dit vouloir organiser en 2025, avec le Costa Rica.

Au lieu donc de nous enfermer dans nos petitesses de basse politique, regardons ailleurs. Au-delà de l’horizon. La mer ne sera pas toujours patiente avec nous !

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