December 4, 2022
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Sudhir Maudhoo :

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Ces élections générales de 2019 prennent la tournure d’un règlement de compte entre Anil Bachoo et Sudhir Maudhoo. Le premier était ministre alors que le second avait été le bras droit du premier. Et ce, pendant de longues années où Anil Bachoo tirait les ficelles dans tous les gouvernements qu’il a servis. Lors d’un entretien qu’il nous a accordé, Sudhir Maudhoo a tout ou presque tout balancé de sa relation avec son ancien « boss ». Il a fait des révélations qui ont tous leurs pesants d’or. Cet état des choses risque de faire balancer est dans toute son intégralité dans le camp de l’alliance Morisien. Car, outre Anil Bachoo qui est cité à chacune des révélations faites par Sudhir Maudhoo, Navin Ramgoolam, Rama Valayden en prennent aussi pour leur grade. Allons-y pour l’essentiel de l’entretien de celui qui pourrait devenir le roi de est et envoyer son ancien « maître » à la postérité.

Comment Sudhir Maudhoo s’est propulsé au-devant de la scène politique en devenant candidat aux Générales du 07 novembre 2019 ?
Pour moi, ce n’est pas maintenant que je suis au-devant de la scène politique. Je l’étais bien avant que j’ai été conseiller d’Anil Bachoo. Pour l’évènement du 07 novembre prochain, tout a commencé après le grand rassemblement du 13 octobre dernier à Belle Mare. J’avais déjà mon ticket et la confiance du premier ministre, Pravind Jugnauth.

Comment se porte alors le début de cette campagne contre votre ancien « boss » ?
L’accueil sur le terrain est plus que favorable. Il y existe une communion sans faille entre nous et la population de Flacq/ Bon Accueil. Un des éléments de notre force sur le terrain est le Prime ministership de Pravind Jugnauth. L’autre atout de taille de notre réussite sur le terrain demeure dans le fait du rejet de Navin Ramgoolam par l’électorat en 2014. Cet état des choses s’est amplifié de jour en jour. Les scandales entourant Navin Ramgoolam contribuent beaucoup à notre succès sur le terrain. Il n’y a pas une seule photo du leader du Ptr qui soit visible, même pas dans les recoins les plus profonds de la circonscription. Ajoutée à cela, notre présence permanente sur le terrain constitue un atout majeur vu que nous sommes aussi des candidats de proximité et nous sommes tous les trois de la circonscription. En tant que chef de file, je dois dire que mon expérience du terrain qui date de très loin voire de 1987 m’attirera toutes les foudres de mes adversaires en particulier Anil Bachoo.

Anil Bachoo était quand même le roi de est et vous que le petit conseiller, n’est-ce pas ?
C’est moi qui étais tout ce temps que j’ai été avec Anil Bachoo l’homme du terrain. Le ministre qu’était Anil Bachoo n’était qu’un bureaucrate. Les gens s’identifiaient à moi. C’est la raison pour laquelle dès maintenant je le dis avec persistance que l’écart entre l’Alliance Morisien et l’Alliance Nationale sera plus conséquente.

Que peut-on dire sur le déroulement de la campagne ?
Je dois dire qu’au tout début, tout était pour la meilleure des choses. Or, depuis un certain temps déjà, on assiste à un jeu infect de Bachoo et de ses acolytes dont certains venant des hautes Plaines Wilhems. Ils déballent des insanités communales dans le public incitant à la haine raciale. Ils veulent déranger l’harmonie sociale qui existe entre les communautés musulmanes et hindoues. Fort heureusement, nous, les habitants de est ne sommes pas dupes et nous n’allons pas tomber dans leur piège. Anil Bachoo et ses pairs utilisent l’arme de la division pour créer du désordre. Il va sans dire que toutes les communautés condamnent sans réserve ces actes des pense-petits. Tout récemment, un membre du public m’a déclaré que les célébrations de la fête Divali sont une opportunité en or pour Maurice de se débarrasser de ses malpropretés dont Navin Ramgoolam.

Peut-on dire que le clash Anil/Sudhir est bel et bien lancé ?
Anil Bachoo a récemment déclaré que je suis un « namak haram ». Il croyait pouvoir marquer des points en me traitant de la sorte. Or, il ne s’attendait pas à l’effet boomerang de cette déclaration venimeuse de sa part. Une fois cette nouvelle a été connue de tout le monde, ils ont été plusieurs à lui demander de retirer ses propos et qu’en cas de récidive, il va devoir assumer. Ils ont été plusieurs à lui dire que ce serait plutôt le contraire car ils sont tous conscients qu’Anil Bachoo n’aurait jamais existé sans moi.

Il est toujours difficile de relever un tel défi, d’avoir à remplacer trois candidats sortants. Or, quelles sont les attentes de l’électorat de Flacq/ Bon Accueil ?
Pour ce qui est des griefs contre le Premier ministre, péna narien de tel. Nous sommes devant de petites requêtes çà et là. Les gros projets que l’on caresse ensemble sont la construction d’une piscine à Bonne Mère, un hôpital et une université.

Et le « mood » sur le terrain bien qu’il y ait des projets qui sont restés inachevés ?
Il n’y a pas de problème dans notre équipe. Sauf, cette affaire de communale qui agace. Lors d’une campagne d’élections générales, c’est un débat d’idées qui doit prévaloir et non des coups bas sur la personnalité. De toute façon, on ne peut attendre à mieux d’une équipe qui n’a pas de programme. De ce fait, le Ptr tombe dans la bassesse avec ses attaques. En sus de ces attaques, il nous revient qu’Anil Bachoo pé fanne larzan et so dimoune ki p é faire sa la partage la fine dire ki zour ki pas gagne larzan,li pou denonse tout.

Est-ce que c’est facile de faire tomber Anil Bachoo ?
Ceux qui étaient les proches de Bachoo étaient avant tout mes amis. Bann la ti conne moi avant ki zot conne Bachoo. Même ceux qui sont du Ptr p dire avec Anil Bachoo ki zot pou moi avant ki zot vote li (Anil Bachoo). Zot pou coupe Khamajeet.

Pourquoi cet état des choses ?
Anil Bachoo et ses amis étaient tous coupés des réalités du peuple. Or, comme je l’ai mentionné plus haut, nous sommes trois candidats de la circonscription, tous dans le social. On a commencé à la racine. On a une affinité avec le public. Nous ne sommes pas des opportunistes. Pravind Jugnauth a eu une vision claire et nette en choisissant trois personnes de la circonscription. cela pourrait être un test case pour que dorénavant , les investitures soient accordés aux personnes de la circonscription.

Que sont devenus les Dayal, Rampersad et Roopun ?
On n’a pas de problème avec eux. C’est à nous de mener la barque orange à bon port. C’est désormais notre responsabilité de prouver à Pravind Jugnauth qu’il a eu raison de nous faire confiance.

Sudhir Maudhoo
Partout, dans les coins et recoins de la circonscription Flacq/Bon Accueil on le présentait comme le bras droit d’Anil Bachoo. Lui, c’est Sudhir Maudhoo. Qui est Sudhir Maudhoo ? La parole au principal concerné.

« C’est vrai de dire que j’ai été le bras droit d’Anil Bachoo. Mais je ne dois rien à Anil Bachoo. J’ai commencé la politique au plus bas de l’échelle. En 1986, j’avais été élu conseiller du village de Bon Accueil à l’âge de 20 ans. En ce temps-là, le village comprenait les agglomérations de Bon Accueil, Lallmatie, Mare d’Australia, Belvedère, Brisée Verdière et Grande Retraite. Je n’avais même pas eu mes résultats du Higher School Certificate que je représentais mon « village council area » au niveau du conseil des districts de Moka et de Flacq. J’avais même refusé un emploi tellement je voulais servir mon village. Je vous rappelle qu’en ce temps-là, les conseillers régionaux n’étaient pas rémunérés. On ne touchait que quelques roupies pour nos déplacements. Je me faisais élu pour la deuxième fois en 1989.

En 1991, je me suis joint à la bande à Anil Bachoo. Nous sommes restés ensemble jusqu’aux élections générales de septembre 2000. J’étais son conseiller. En 2002, de graves allégations faites par Rama Valayden pesaient sur moi. J’ai dû démissionner car l’ordre venait d’en haut. L’ICAC, qui avait pris l’affaire en main était représentée par Roshi Badain. Un jour, en présence de Me Sidhartha Hawoldar, l’enquêteur de l’ICAC devait dire qu’il n’y avait rien contre moi. J’avais bénéficié de la liberté conditionnelle. Après ce triste épisode de ma vie, qui m’a coûté mon emploi, mes enfants n’étaient pas à l’aise en public. Bref, ma famille a beaucoup souffert.

En 2005, alors que l’affaire était toujours en stet, j’avais déjà quitté Anil Bachoo, qui était dans le gouvernement de Navin Ramgoolam avec comme collègue du cabinet un certain Rama Valayden . Le dénouement
de l’affaire allait refaire ma vie. Il n’y avait rien contre moi et j’avais poursuivi Rama Valayden pour des dommages et intérêts à la hauteur de Rs 300, 000. Entre-temps, les langues commençaient à délier et je devais apprendre que l’on s’était servi dans l’opération « jette la boue lor Bachoo » orchestré par Navin Ramgoolam (2000 à 2005). Mais Anil Bachoo m’avait laissé tomber. Il avait préféré à jouir de sa position de ministre que de m’aider. Je tiens à vous rappeler qu’alors ministre de la Justice, Rama Valayden avait été trouvé coupable. Pour tout dire sur ce chapitre, je ne m’intéressais pas à son argent. Je tiens aussi à dire que cet épisode m’a aidé à mieux connaître certains de ceux qu’on appelle ses amis.

Pour conclure, C’est moi qui aie fait d’Anil Bachoo un politicien. Sans moi, il n’était rien. De nos jours, Anil Bachoo est moins que rien. La masse du no. 9 est avec moi. Ils sont plusieurs à me dire que j’aurais dû me lancer depuis belle lurette et la circonscription n’aurait pas eu à vivre cet épisode d’Anil Bachoo ».

Flacq/Bon Accueil en chiffres et hauts lieux

Flacq – Bon Accueil est la neuvième circonscription du pays. Il s’agit d’une frontière électorale côtière et est composée de la région principale Flacq avec quelques localités adjacentes, y compris Bon Accueil, Belle Mare et Lallmatie. Elle a enregistré un nombre de 50 883 électeurs.

Une circonscription principalement hindoue, il a été un bastion de l’homme politique Anil Bachoo qui a été député en fonction depuis 1991. Il a été élu en 2000, 2005 et enfin 2010. Sangeet Fowdar et Satya Faugoo sont d’autres hommes politiques notables précédemment élus dans cette circonscription.

En chiffres

Flacq and Bon Accueil – 56,788 électeurs
Les principaux villages de la circonscription et leur nombre d’électeurs enregistré au 2019
Poste de Flacq : 6332
Quatre Cocos : 4701
Mare La Chaux : 1510
Camp Ithier : 3701
Centre de Flacq : 12489
Queen Victoria : 2224
Saint Julien : 1910
Lallmatie : 8272
Bon Accueil : 5000
Brisée Verdière : 5890
Laventure : 2687
Grande Retraite : 2036
Les hauts lieux du no. 9 sont :
Flacq United Estate Limited et Belle Mare
Fait à noter : le village de Saint Julien fut un des premiers villages de Maurice à avoir son village hall.

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