February 22, 2024
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Opinion Politique

Assumez maintenant !

“Mari diktatir sa”, selon Joanna Bérenger, alors qu’Arianne Navarre-Marie parle, elle, de « dominer » Les deux députées du MMM pointent bien sûr du doigt Sooroojdev Phokeer, le Speaker de l’Assemblée Nationale.

Quand Roshi Bhadain invitait l’opposition parlementaire à démissionner en masse, pour provoquer des élections générales, toute l’opposition, avec Paul Bérenger en tête, s’en était pris au leader du Reform Party, estimant qu’il ne connaissait pas les rouages du Parlement. Allant même jusqu’à dire qu’il faisait le jeu du MSM.

Or, s’il est vrai que Pravind Jugnauth pouvait aller vers des élections de remplacement (partielles), au lieu des générales, il n’en reste pas moins que cela aurait pu avoir valeur de test politique, tant pour le gouvernement que pour l’opposition. Est-ce que le gouvernement est devenu plus impopulaire qu’à l’époque où Bhadain invitait l’opposition à démissionner ? Peut-être bien que oui, ou peut-être bien que non.

Mais si Bérenger lui-même dit que l’opposition va mater le gouvernement, et qu’on va vers un nouveau 60-0, pourquoi ne pas provoquer des élections, partielles ou générales, si l’opposition est autant sûre de gagner ?Comment et pourquoi crier « diktatir » et « dominer » à l’encontre du Speaker, et aussi du gouvernement, mais aller s’asseoir sous les ordres de ce même Speaker ?

Cette contradiction ne semble guère gêner les parlementaires de l’opposition. Et même après une suspension de cinq séances, Rajesh Baghwan est revenu au Parlement, comme si de rien n’était !, pour se faire de nouveau expulser pour quatre séances. Ce qui signifie qu’il ne reviendra au Parlement que l’année prochaine, sauf s’il est dissous, en vue des générales.

En somme, l’opposition a tort de pousser des cris d’orfraie, car ils savent très bien ce que vaut Phokeer. Ils savent aussi, et Xavier-Duval est bien placé pour le savoir, que quoi qu’ils fassent, ils sont à la merci du Speaker. S’il est vrai que les travaux parlementaires sous la présidence de Phokeer ne sont plus comme ce qui se faisait auparavant, même sous Maya Hanoomanjee !, qu’a pu faire l’opposition pour contrecarrer le Speaker ? Rien, strictement rien ! Et à part aller en Cour, rien n’est sorti de cette manœuvre judiciaire.

Ce qui prouve que Roshi Bhadain avait raison. Mais l’opposition parlementaire ne l’admettra jamais. Alors, si vous pensez qu’il faut impérativement être au Parlement, assumez vos actes maintenant. E pa vinn koz « diktatir » e « dominer » ! D’ailleurs,l’opposition pense tellement du mal de Phokeer que le  Ptr et le MMM oublient de dire que prendre un Speaker non-élu est leur « doing » !

Et nulle part, dans tous les discours qu’ils font à travers l’île, n’entend-t-on les trois leaders de l’alliance dirigée par Navin Ramgoolam dire que « nous avons commis une erreur en changeant les statuts du mode d’élection du Speaker. Nous réparerons cette erreur, une fois revenue au pouvoir. » Non, rien de tout cela. Ce qui signifie que s’ils reviennent au pouvoir, Ramgoolam, Bérenger et Duval choisiront un ou une Speaker  qui n’aura pas été élu. Ce qui sera l’occasion pour eux de placer un de leurs pions à la tête de l’Assemblée Nationale.

Il y a donc du cynisme dans la gestuelle des députés de l’opposition, qui veulent passer pour des victimes, alors qu’ils savent très bien à quoi s’attendre sous Phokeer. D’ailleurs, il n’y a pas que le poste de Speaker. Qui a entendu Ramgoolam, Bérenger ou Duval dire que « le Premier ministre a trop de pouvoirs. Si nous revenons au pouvoir, nous donnerons  pleins pouvoirs à la Commission Electorale. C’est elle qui doit donner la date des élections et l’organiser. Et non pas le Premier ministre. »

S’ils gagnent vraiment par 60-0, il serait possible pour l’alliance de Ramgoolam de changer la Constitution, pour le bien du pays. Mais personne ne parle des vrais changements à faire. Ils donnent juste dans du « eyewash », eu égard à Phokeer, et se font passer pour des victimes. Et juste pour ne pas donner raison à Bhadain, ils continuent d’aller siéger au Parlement, pour ensuite se plaindre. C’est non seulement ridicule, mais aussi écoeurant ! D’ailleurs, que ce soit pour l’affaire Kistnen, tous les lièvres levés contre le gouvernement sont venus de l’opposition extraparlementaire. Ce n’est que maintenant qu’Eshan Juman « découvre » les fautes dans le service hospitalier.

L’opposition donne l’impression qu’elle ne sait pas comment combattre ce gouvernement, qu’il dit « dictatorial ».Quand Bérenger dit qu’il s’attend à un 60-0, il n’explique pas comment il voit ça. S’il est vrai que les votes additionnées du MMM, du Ptr et du PMSD fera du mal au MSM, est-ce pour autant que les Mauriciens iront aux urnes, ou bien ne décideront-ils pas de bouder cet exercice, ou bien donneront-ils leurs votes aux nouveaux partis ?

Tout est encore possible. Et Pravind Jugnauth utilisant l’appareil d’Etat à fond, un jamais deux sans trois n’est pas à écarter, après 2014 et 2019.Cela peut surtout arriver parce que le MSM a en face de lui une opposition qui manque de dents pour mordre. Ils comptent juste sur le vote populaire, pas encore  acquis !, pour vaincre le gouvernement. Mais avec des attitudes contradictoires comme aller au Parlement, pour ensuite critiquer le Speaker, la population peut se lasser des « coustics » de  l’opposition.

Pravind Jugnauth peut en profiter. Mais il n’est pas dit que Roshi Bhadain aussi n’aura pas son mot à dire. Continuez donc votre show au Parlement, messieurs/dames de l’opposition. Zot pe kouyonn zot mem !

Sedley Assonne

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