May 24, 2024
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Budget 2023-24: Les spéculations vont bon train avant le grand oral de Padayachy

Chaque année à pareille époque le pays vit le même scénario. Les consommateurs, voire les Mauriciens dans leur ensemble se lancent dans toutes sortes de spéculation à la veille de la présentation du budget. Cette année ne fait pas exception et beaucoup entrevoient des baisses de taxes, des réductions de prix si ce n’est des augmentations de prestations sociales, d’autant que nous sommes à un peu plus d’une année des prochaines échéances électorales. Si les adversaires du gouvernement parlent tous d’un budget «la bouche doux», certains observateurs de la scène économique récusent ce terme et préfèrent dire que ce sera une occasion de rendre aux consommateurs leur pouvoir d’achat qui a été érodé par l’inflation ces dernières années.

Les observateurs de la scène économique sont nombreux à dire que le ministre des Finances a cette année une bonne marge de manœuvre car il dispose de recettes conséquentes venant principalement de la TVA, ce qui devrait lui permettre de mettre en place des mesures d’accompagnement pour soulager les consommateurs frappés par un taux d’inflation qui a dépassé la barre de 10% et qui a atteint 12% à l’heure où le budget sera présenté. Un point de vue que le président de l’Association des Consommateurs de l’Ile Maurice (ACIM) défend avec force. 

Jayen Chellum rappelle que les dernières années marquées par la pandémie de Covid-19 ont vu un appauvrissement de la classe moyenne dû à la hausse de l’inflation qui est une taxe indirecte. Il souligne les principaux facteurs qui ont influé sur l’inflation notamment les prix élevés de l’essence et du diesel qui ont été maintenus alors qu’ils ont baissé sur le marché international, la hausse du tarif d’électricité qui a impacté sur les prix de plusieurs produits et la dépréciation continue de la roupie.

La prudence reste de mise

Pour certains économistes, le budget reste avant tout un outil de politique économique qui ne doit rien à voir avec une échéance électorale car toute mesure que prend un ministre des Finances a un effet à court terme, sans doute positif pour la population, mais qui a également des effets à moyen et long termes. Il faut donc faire preuve de prudence et ne pas adopter une politique de terre brûlée car le pays n’est pas complètement sorti de la zone rouge même s’il est vrai qu’il y a eu une reprise dont les effets se font sentir. La prudence est d’autant plus nécessaire que les mesures budgétaires ont également un impact sur la confiance des investisseurs dans le développement économique du pays.

Quoi qu’il en soit, on sent bien que le gouvernement va lâcher du lest cette année. D’ailleurs, le ministre des Finances avait déjà annoncé la couleur il y a deux semaines quand il avait laissé entendre qu’il y a une forte probabilité d’une baisse des prix des carburants et des produits de consommation courante. Durant le week-end, il disait que le «budget team» de son ministère travaille sur des sujets spécifiques qui touchent au porte-monnaie de la population dans son ensemble et laissait échapper que les prix des carburants pourraient en faire partie. En tout cas, le pouvoir d’achat sera au centre de l’exercice d’équilibrisme socio-économique du ministre des Finances.

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