May 20, 2024
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Drogue: le nombre de délits en légère baisse mais…

Analyse

Selon les chiffres publiés par Statistics Mauritius (SM), pour la période 2021-2022, le nombre d’infractions à la législation sur les stupéfiants à Maurice serait en léger repli, passant de 4 826 en 2021 à 4 502 en 2022. L’organisme précise par ailleurs que plus de 3 habitants sur 1 000 habitants sont mis en cause pour ces délits, chaque année, plus 4 500 délits touchant aux drogues étant recensées à l’ile Maurice. Il faut prendre ces chiffres avec beaucoup de prudence car SM ne prend en compte que des chiffres rendus publics par des Cours de Justice bien entendu. Ce sont souvent les ONG impliquées dans le combat contre la drogue qui répertorie avec un peu plus d’exactitude le nombre réel de cas lié à la consommation des drogues dans les quartiers où elles sont implantées.

Usagers de cannabis

SM fait également ressortir que les usagers de cannabis (le gandia), sont plus nombreux que celles et ceux qui sont adeptes aux drogues de synthèse. Ces chiffres ne doivent pas surprendre car le cannabis a de tout temps était cultivé et consommé à Maurice par toutes les générations et communautés et parfois durant certaines occasions. Il est tout aussi de noter qu’avant les années 80, où est l’apparue le ‘Brown Sugar’ – de l’héroïne brunâtre-, il n’y avait presque aucune personne traitée à l’hôpital psychiatrique de Brown Sequard pour accoutumance au gandia. D’ailleurs, des médecins à l’époque déclaraient tous que le gandia ne provoquait d’addiction que lorsqu’il était consommé avec le « Brown ». Le gandia a toujours fait partie d’une culture jeune associée avec la musique et une douce révolte et dans les années 70-80, nombreux étaient des jeunes qui consommaient ces petites feuilles au bord de la plage en compagnie de segatiers engagés. A cette époque, selon des policiers qui y étaient en exercice, le gandia consommé à Maurice provenait des cultures locales.

Drogue douce

Depuis cette époque jusqu’à nos jours, le ‘cannabis’ reste cette drogue douce – aussi décriée que le ‘chimique – consommé en majorité par des jeunes et reste une infraction comme elle l’a toujours été. Les avis sont très clivés concernant sa consommation, avec une opinion en faveur de sa dépénalisation estimant qu’elle ne serait pas plus dangereuse que les alcools, tandis qu’une majorité faisant valoir que le cannabis conduit fatalement à la consommation des drogues chimiques. À l’étranger, la consommation du cannabis a été légalisé dans certains pays, à l’instar des Pays-Bas, du Canada ou des États-Unis. Aux Pays-Bas, connu pour ses coffeeshops, le cannabis est réglementé. Les établissements qui en revendent sont soumis à certaines règles à savoir qu’ils ne doivent pas détenir plus de 500 g et ne pas vendre plus de 5 g par personne. En effet posséder plus de 5 g sur soi est considéré comme faisant du commerce, valant à  celle/celui qui en possède une amende. Au Canada, depuis 2018 et avec l’objectif de lutter contre les trafics, la possession et la consommation ont été rendues légales. À cette époque, 120 producteurs avaient été autorisés par le gouvernement canadien à produire du cannabis, cependant, conduire après avoir fumé du cannabis est illégal.

Culte des rastas

À l’ile Maurice, la dépénalisation est une question qui remonte aux années 80 au moment de l’apparition des courants liés au culte des rastas, lesquels font valoir que la consommation du ‘gandia’ fait partie de leur tradition religieuse de même que le végétarisme. Mais, les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête de l’ile Maurice ont toujours rétorqué par une seule et même position, à savoir que la dépénalisation est la voie ouverte à tous les abus, dont celui des drogues synthétiques et que la consommation du gandia reste nocive pour la santé. Selon un rapport publié par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanes (OFDT) en 2017, « le cannabis est le produit psychoactif le plus consommé par les jeunes en France ». Selon une autre étude, elle Néo-zélandaise et publiée par le Journal Européen de pneumonie, « le cannabis serait 20 fois plus dangereux pour la santé que le tabac, car la fumée du cannabis est deux plus concentrées en agents cancérigènes que celle du tabac. »

Vraie addiction

Paradoxalement, il existe de nombreux films européens et nord-américains où peuvent voir des jeunes – et moins jeunes, dont Tom Cruise et Nicole Kidman fumant un ‘joint’ dans ‘Eyes Wide Shut’ – sans que ses films soient interdits de diffusion sur le sol mauricien. Mais qu’il s’agisse d’un moyen d’intégration sociale (dans certains collèges afin d’être acceptés par ses pairs) ou d’un acte symbolique d’une révolte (contre les autorités et donc l’ordre des ‘vieux’), l’usage du cannabis peut se transformer en vraie addiction, et mener les jeunes à passer à une consommation différente, à savoir celle des drogues chimiques. Ils risquent tout aussi bien de commencer à fumer seuls, à en avoir besoin pour s’endormir pour éviter d’être nerveux ou angoissés. L’utilisation du cannabis risque donc d’avoir un impact sur la vie sociale des jeunes mais aussi leur développement psychologique.

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