March 3, 2024
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Plusieurs actions de rétorsion en préparation

Regressive mark-up des médicaments

La regressive mark-up sur les prix des médicaments est entré en vigueur, hier, et les pharmaciens, qu’ils soient grossistes ou détaillants, ne cachent pas leur colère. Ils ne se laisseront pas faire disent-ils. Des mesures de rétorsion sont envisagées et certaines seront mises en vigueur dès lundi. L’action la plus  forte sera une grève, dont ni la date ni la durée n’a été précisée. La décision du gouvernement concerne onze gammes de produits pharmaceutiques, soit environ 550 médicaments les plus utilisés par les Mauriciens souffrant de comorbidités les plus répandues, soit le diabète, les problèmes cardio-vasculaires, l’hypertension et le cancer, entre autres.

Les associations de pharmaciens rejettent la responsabilité de ces actions sur le gouvernement, plus particulièrement le ministère de la Santé, qui a fait la sourde oreille à toutes leurs demandes de discussions et de négociations. «Nous n’avons d’autres recours que la grève car on a refusé notre proposition de dialogue. Toutefois des mesures seront prises et il y aura un service d’urgence afin de ne pas pénaliser le public», soutiennent les dirigeants de la Mauritius Pharmaceutical Association.

Des heures d’opération réglementées

Les mesures envisagées prendront plusieurs formes. Dans un premier temps, une action sera logée en Cour suprême pour contester la décision du ministère de la Santé. Une autre action va dans le sens d’une régularisation des heures d’ouverture car les pharmacies travaillent plus de huit heures par jour et plus de 45 heures par semaine, explique-t-on. Une lettre en ce sens sera envoyée au Pharmacy Board et au ministère du Travail. Les pharmaciens souhaitent être réglementés comme n’importe quel autre secteur du travail d’autant qu’avec les nouveaux règlements imposés par le gouvernement certaines pharmacies ne seront pas en mesure de payer leur personnel pour le travail du dimanche et des jours fériés qui, d’après les lois existantes, sont payés double.

D’ailleurs une des demandes concernent la fermeture des pharmacies le dimanche, voire même dès les samedis après-midi. Toutefois un système de pharmacies de garde sera mis en place. Autre point évoqué par les associations de pharmaciens les pharmacies qui restent ouvertes tard la nuit, certaines jusqu’à 23h00, voire minuit. C’est le cas notamment à Port-Louis et à Rose Hill et ce sans la présence d’un pharmacien qualifié le soir. Le commerce nocturne, précise-t-on, vise surtout à aider le public, voire les patients qui quittent les cabinets de consultation à la tombée de la nuit.

Les associations proposent que ces pharmacies puissent retenir les services de deux pharmaciens afin que personne n’ait à travailler plus de huit heures par jour. L’un assurera le service de jour et l’autre le service de nuit. Pour ce qui est de la vente des médicaments à proprement parler, les pharmacies pourraient cesser d’en vendre au détail. Ils seront vendus par boîte et dans le cas des médicaments en gros logements, ils seront vendus par plaquette.

Les associations de pharmaciens donnent l’assurance que rien ne sera fait pour pénaliser les malades. Concernant la grève les dirigeants de ces associations font le parallèle avec les boulangers. «Si les boulangers peuvent se mettre en grève et ne pas fournir du pain à leurs clients, il n’y a aucune raison pour que ce droit nous soit refusé mais nous ferons de sorte que la population ne soit pas pénalisée. La grève sera annoncé bien à l’avance afin de permettre aux patients de s’approvisionner et de constituer leurs stocks de médicaments jusqu’à la réouverture des pharmacies. Nous ferons tout d’après la loi», explique Siddick Khodaboccus de l’Union des Pharmaciens.

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