February 9, 2023
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Opinion

Pourquoi l’ingrat Bhadain est-il « politiquement dangereux » ?

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Le travailliste Shakeel Mohamed avait récemment lancé à la radio en plein visage de Roshi Bhadain qu’il est « politiquement dangereux ». Il avait également accusé le leader du Reform Party d’être un menteur au sujet du démantèlement du groupe BAI. Pourquoi l’élu rouge n’a pas mâché ses mots contre son confrère du barreau, allant jusqu’à dire qu’il ne se voit pas siéger dans le même Cabinet que l’ex-ministre de la Bonne gouvernance et des Services financiers ? Les deux hommes sont censés faire partie de la plateforme de l’Espoir que Bérenger tente de rebâtir, mais voilà que la dissension est telle que le leader du MMM a dû se dissocier des propos du premier député de la circonscription No.3, jadis forteresse des Mauves.

Roshi Bhadain a déposé un lourd bilan de son bref passage au ministère de la Bonne gouvernance et des Services financiers créé par le gouvernement de l’Alliance Lepep. Avec des ambitions démesurées, il avait déstabilisé le gouvernement dirigé par Sir Anerood Jugnauth en causant la frustration et le départ de Vishnu Lutchmeenaraidoo, Grand argentier, puis chef de la diplomatie mauricienne avant qu’il ne prenne une retraite définitive de la scène politique locale. Comme ministre, Bhadain avait cru que tout lui était permis. Il s’ingérait dans les affaires de la police et pratiquait la vengeance pour régler des comptes personnels. Aux Casernes centrales, on dit qu’il était intervenu personnel- lement pour faire transférer des policiers qu’il ne tenait pas en odeur de sainteté.

On affirme aussi qu’il avait agi inélégamment et maladroitement dans une affaire de violence conjugale. Une dénommée Hema avait dénoncé les agissements de l’ancien ministre Bhadain dans sa plainte contre un certain Sailesh, agent et chauffeur du politicien, qui l’avait violemment agressée. Cette jeune Curepipienne a dû aller jusqu’à porter plainte devant la Human Rights Commission parce que les interventions répétées de Roshi Bhadain auprès de la police pour venir à la rescousse de son protégé mettait finalement sa vie en danger. La victime était devenue la suspecte et elle sera retenue au poste de police d’Eau Coulée pendant des heures sous la menace d’une arrestation arbitraire. Dans ses dépositions à la commission des droits de l’homme, l’ex-petite amie de Sailesh avait parlé de plusieurs délits, dont agression, tortures, abus sexuels, extorsion et menaces de mort.

« En octobre 2014, Sailesh ine kumance travay comme agent ek sofer pou M.Roshi Bhadain so campagne électorale dans QuatreBornes. Li fine continué harcèle moi, batte moi et à sak fois li dir moi ki to pa pou kapav fer moi narien akoz mo Dada pou vine minis bientôt. Mone contacté M.Bhadain et line confirmé ek moi ki Sailesh pé travay pou li pendant campagne électorale, » expliquera Hema à la HRC. « À sak fois ki mone rapporte ène ‘case’ contre li, li réussi gagne caution ou soit la police pa fer narien mem. Et par la suite, li continué menace moi et li dir moi ki li gagne protection la police akoz li ène zom Roshi Bhadain. »

Le 31 janvier 2016, elle appellera le ministre Bhadain après avoir été menacée de mort sur son lieu de travail. « Mone dir li akoz li pé protez Sailesh, moi mo la vie ine ruiné. Li dir moi pa précipite les choses et li pou avoy Akilesh Deerpalsing vine guette moi. » La rencontre aura lieu le 2 février 2016 au Plaza, à Rose-Hill, en présence de Sanjeev et Ibrahim. « Zot fine écoute tou ceki mone raconte zot à propos Sailesh. Et M.Deerpalsing fine dir moi ‘pa implique nou si ou pé décide pou alle de l’avant ek sa bane ‘cases’ là’. »

Nous citons cet exemple du cauchemar qu’a vécu Hema du temps où Bhadain était ministre et qu’il n’hésitait pas à s’ingérer dans des dépositions policières pour une protection occulte, ce qui est contraire aux règles de bonne gouvernance d’un ministère qu’il gérait et à l’éthique d’avocat. Quand on est ministre, cela ne veut pas dire qu’on a droit aux excès et aux interventions qui bafouent la notion de justice et de respect des institutions. Nous savons également qu’il avait délibérément fuité des informations à un quotidien pour nuire à Pravind Jugnauth lorsque Bhadain avait vu son rêve de devenir ministre des Finances s’envoler, Sir Anerood Jugnauth préférant confier le Trésor public à son fils après que la Cour suprême l’a blanchi dans l’affaire MedPoint.

Voilà comment un ministre frustré de n’avoir pas été promu puisse agir en faisant fi de la décision de son Premier ministre, celui-là même qui l’a nommé malgré qu’il était un novice en politique. Le pire, c’est que Bhadain n’avait pas hésité à nuire au leader du MSM qui l’avait offert un ticket pour être candidat aux élections générales de 2014 alors qu’il n’avait jamais fait de la politique active ou avait une assise quelconque pour mériter cette investiture. Et c’est de lui que Pravind Jugnauth a eu le premier coup de poignard quand il est devenu ministre des Finances et un deuxième coup plus violent lors de la passation de pouvoir quand Roshi Bhadain boudera la cérémonie de prestation de serment du nouveau chef du gouvernement. Preuve de son amertume et de sa frustration. Et pour se venger, car étant toujours animé d’un esprit revanchard, il a prouvé jusqu’où il peut aller.

Roshi Bhadain est donc politiquement dangereux parce qu’il incarne l’instabilité et l’ingérence à tout bout de champ. Il est un danger public parce qu’animé d’intentions maléfiques qui blessent des personnes victimes et qui cherchent justice, mais qui doivent se heurter à l’abus de pouvoir et d’autorité d’un homme censé défendre les bonnes et nobles causes.

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