May 22, 2024
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Rupture des chaînes d’approvisionnement : Maurice fait de l’œil à l’Iran

« Les marchés traditionnels ont été chamboulés par la rupture des chaînes d’approvisionnement. Il est nécessaire de prospecter d’autres marchés notamment l’Iran », a déclaré le secrétaire général de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Maurice (MCCI), Yousouf Ismaël. Maurice doit ainsi revoir sa stratégie et c’est là que la proposition de l’Iran d’approvisionner Maurice en farine, blé, lait en poudre, médicaments, ciment et bitume, entre autres, tombe à point nommé.

Une session de travail a eu lieu la semaine dernière en présence du chargé d’affaires d’Iran, basé à Madagascar et a autorité auprès de Maurice, Hassan Ali Bakhshi et les membres de la MCCI. Les discussions se sont déroulées autour d’éventuelles possibilités de faire des affaires en Iran. A l’issu de cette rencontre, des marchés spécialisés seront ciblés sur lesquels les opérateurs mauriciens pourront importer. De cette manière, Maurice pourra réaliser son souhait de se positionner comme partenaire d’affaires de l’Iran. Afin de consolider ce partenariat, une mission commerciale sera prochainement organisée dans ce pays.

Hassan Ali Bakhshi reconnait que les opérateurs mauriciens ne connaissent pas le marché iranien et inversement alors que l’Iran est un pays incontournable, connu comme le plus grand exportateur de pétrole au monde et détient le plus grand centre commercial qui abrite près de 700 boutiques. Le chargé d’affaires iranien ajoute que l’Iran est bien situé et engagé dans tous les secteurs de production. Par conséquent, il peut approvisionner Maurice en divers produits, notamment en farine, blé, lait en poudre, médicaments, ciment et le bitume, entre autres.

D’autres sujets étaient à l’ordre du jour notamment une rencontre avec le ministre Sudhir Maudhoo pour étudier la possibilité que des navires iraniens accostent le port de Maurice ou encore, les opportunités de commerce des fruits et légumes et des matériaux de construction.

L’appréciation du dollar reste une barrière pour l’importation

La chasse au dollar se poursuit ! Les importateurs se démêlent encore et encore pour trouver des dollars mais la situation ne se débloque pas. D’ailleurs, à cet effet, la banque de Maurice a fait une première démarche, celle d’acheter 15 millions de dollars au taux de Rs 45,30 par dollar mais le problème reste entier. La principale raison évoquée est que les banques pratiquent chacune un taux différent.

Les importations n’en peuvent plus et réclament des taux raisonnables sur le marché des changes, car l’écart d’une banque à une autre est conséquent. Cette situation a pour conséquence la hausse des coûts d’importations et qui font grimper les prix de vente. Et malheureusement ce cercle vicieux n’est pas près d’être brisé, car le conflit russoukrainien perdure.

Produire et consommer 100% local, est-ce possible ?

On s’en souviendra des achats paniques que les deux confinements avaient causés malgré le fait que les autorités assuraient la population qu’il n’y avait pas de pénurie alimentaire. Les Mauriciens stockaient des vivres, craignant que les importations des produits prennent du retard et qu’ils se retrouvent en manque de denrées alimentaires. Depuis, le gouvernement encourage les citoyens à favoriser la production locale, notamment dans la culture de légumes et l’élevage de poulet et de bovin.

Mais, hélas, ces habitudes ne sont pas encore totalement ancrées dans la vie mauricienne malgré le fait que le label Made in Moris mène une lutte acharnée pour mettre en relation les producteurs et les acheteurs locaux et encourager la consommation des produits locaux.

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