May 20, 2024
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Victime de harcèlement: Une enseignante transférée après avoir dénoncé son superviseur

Chaya Deelchand se dit victime de discrimination sur son lieu de travail. En effet, cette enseignante de l’école maternelle publique de La Caverne a été récemment transférée à Paillotte pour avoir dénoncer un harcèlement verbal, dont l’auteur n’est nul autre que son superviseur. 

Chaya était affectée à l’école de La Caverne depuis trois ans. Selon elle, tout allait bien jusqu’au jour où les horaires d’ouverture de l’école ont été modifiées. « Selon les règlements initiaux, nous devions être à l’école entre 8h45 et 9h pour accueillir les enfants. Mais un jour, un transport scolaire est venu déposer les enfants à 8h20. Ces derniers ont dû attendre dans l’enceinte de l’école pendant presqu’une trentaine de minutes. Par conséquent, la direction de la mairie de Vacoas-Phoenix nous a demandé d’être à l’école à 8h30 au quotidien », relate l’enseignante. 

Notre interlocutrice poursuit qu’en général, elle est toujours ponctuelle au boulot. « J’ai toujours respecté les horaires du travail, sauf les mardis quand j’arrive à l’école vers 9h15. En fait, tous les mardis matin, je me rends à une prière et mes anciennes collègues étaient au courant. Cela ne leur a jamais posé de problème. Même les parents des écoliers n’avaient aucune objection à mon retard. Les parents m’aimaient bien et appréciaient ma méthode de travail. Quand l’école s’ouvrait à 9h, ce petit retard ne causait aucun souci mais les problèmes sont survenus quand les horaires d’ouverture ont changé », explique Chaya. 

La situation s’est davantage empirée quand le superviseur de Chaya l’a appelé un mardi matin alors qu’elle était en pleine prière. « Je n’ai pas pu répondre à son appel ce jour-là et quand je suis arrivée au travail, il m’a réprimandé. Je comprends tout à fait cette réaction mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Il m’a rapporté à la direction de la mairie de Vacoas-Phoenix et il a commencé à me harceler verbalement, à tel point qu’un jour j’ai fait une crise d’angoisse. J’ai dû aller à l’hôpital pour obtenir les soins nécessaires », déplore Chaya. 

L’enseignante décide alors de dénoncer le superviseur en question. Elle écrit une première lettre à la Local Government Service Commission, une deuxième au ministère du Travail et une troisième à l’assistant Chief Welfare Officer. « J’ai expliqué dans ma lettre comment j’étais victime de harcèlement et j’ai demandé à ce que des sanctions soient prises à l’encontre de mon superviseur. A ma grande surprise, quelques jours plus tard, on m’annonce que je suis transférée à l’école maternelle de Paillotte. Quant au superviseur, aucune sanction n’a été prise à son égard », se plaint Chaya. 

« Je n’ai rien contre mon transfert s’il s’agit d’une « punition » pour mon retard les mardis. Mais, j’ai été victime de harcèlement en raison de tout cela. Pourquoi aucune explication n’a été demandée au superviseur ? Pourquoi son comportement n’a-t-il pas fait objet d’une enquête. Je ne compte pas baisser les bras, je mènerai ma lutte pour faire entendre ma voix et dénoncer la discrimination dont j’ai été victime », affirme Chaya. 

Nous avons essayé d’obtenir une réaction du Chief Executive Officer de la mairie de Vacoas-Phoenix, mais en vain. Notre appel a d’ailleurs été transféré à plusieurs cadres de la mairie, mais personne n’a voulu commenter cette affaire. 

Nasreen Mungroo-Keramuth

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